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Brésil/Italie

Extradition de Cesare Battisti : Lula doit trancher

L’ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti, le 18 novembre 2009.
L’ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti, le 18 novembre 2009. Reuters / José Cruz
2 min

La Cour suprême du Brésil a donné son feu vert à l'extradition de l'ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti vers son pays l’Italie tout en laissant la décision finale au président Lula. Une décision difficile car au début de l’année, le ministre de la Justice Tarso Genro avait accordé le statut de réfugié politique à Cesare Battisti. L'ancien activiste italien a entamé la semaine dernière une grève de la faim dans sa prison brésilienne.

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Avec notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard

Il aura fallu le vote du président de la Cour suprême Gilmar Mendes pour départager les membres de la plus haute cour du Brésil. Le score fut très serré : 5 voix en faveur de l’extradition contre 4.

La justice estime qu’il est légitime de remettre l’ancien militant d'extrême gauche aux autorités italiennes qui l’ont déjà condamné à perpétuité pour 4 assassinats. Mais en même temps et sur le même score de 5 à 4, ils ont décidé de laisser au président Lula la responsabilité d’extrader ou non celui que l’Italie considère comme un terroriste.

Un dossier épineux pour le président brésilien, son ministre de la Justice, Tarso Genro, avait ainsi accordé le statut de réfugié politique à Cesare Battisti au début de l’année, mais il avait agit contre l’avis du Conseil national des réfugiés qui dépend du ministère des Relations extérieures.

Depuis sa prison de Brasilia, Cesare Battisti a entamé son sixième jour de grève de la faim et les pressions de toutes parts vont sans doute s’intensifier sur le gouvernement brésilien.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Les réactions de satisfaction quasi unanimes démontrent que la plaie des années de plomb est encore bien ouverte. Il y a toujours dans le cœur des Italiens une profonde douleur face aux multiples homicides commis par des activistes qui ne semblent pouvoir être apaisés que par le respect des décisions de justice.

Pour preuve, ces parlementaires de tout bord qui ont accueilli à la chambre des députés la décision de la Cour suprême du Brésil avec de longs et chaleureux applaudissements.

Pour les Italiens, Cesare Battisti est avant tout un criminel de droit commun qui doit purger sa peine. Hier soir, durant l’émission Porta a porta, sur la première chaîne de la télévision publique, on a pu observer combien les membres des familles des victimes, notamment d'Alberto Torregiani, le fils d’un bijoutier tué en 1979 par des complices de Cesare Battisti, et qui vit depuis en fauteuil roulant car il a été gravement blessé par une balle perdue, éprouve de la rancœur face aux Français qui ont protégé l’ex-militant d’extrême gauche.

Pour eux, ceux qui ont cru en l’innocence de Cesare Battisti, ont refusé de connaître la vérité. En cela, ils ont offensé l’Italie et son peuple.
 

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