Guinée

Nouvelles discussions à Ouagadougou

Un important courant au sein des Forces vives réclame le départ de Dadis Camara.
Un important courant au sein des Forces vives réclame le départ de Dadis Camara. AFP / Sia Kambou

Les Forces vives guinéennes et la junte se retrouvent ce jeudi à Ouagadougou pour écouter les propositions du président burkinabé Blaise Compaoré. Les discussions vont être difficiles. Les Forces vives - réunissant les partis de l’opposition, les syndicats et des représentants de la société civile – réclament le départ du capitaine Moussa Dadis Camara du pouvoir, ce qui est exclu par la junte militaire guinéenne.

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Ces deux dernières semaines, le président Compaoré, en tant que médiateur nommé par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a recueilli les propositions de sortie de crise des deux parties et devrait présenter aux délégations une synthèse. Il s'est rendu en début de semaine au Nigeria pour faire part au président Umaru Yar’Adua de ses propositions.

Le mystère est savamment entretenu autour des propositions que doit présenter Blaise Compaoré. Mais les acteurs de la crise guinéenne ont compris l'essentiel : la synthèse du médiateur ne satisfera personne tant les positions sont antagoniques. Pour l’heure, les acteurs guinéens ne montrent aucun signe encourageant. La junte exige de rester en place et Dadis Camara veut avoir l'assurance de se présenter à l'élection présidentielle. Il vient d'ailleurs de créer son parti politique.

De l'autre côté, un courant important au sein des Forces vives réclame le départ du capitaine Camara, tandis que la grande majorité de la coalition exige qu'il ne puisse pas être candidat. Blaise Compaoré est donc confronté à la quadrature du cercle et il est probable qu'il tentera de créer une dynamique positive en mettant l’accent sur les points d'accord possibles entre les deux camps, comme la mise en place d'une nouvelle Autorité de la transition et d'un cadre sécurisant pour les futurs ministres.

Blaise Compaoré travaille aussi sur l’idée d’une mission de la CEDEAO en Guinée, un peu sur le modèle de ce qui s’est fait au Togo. Cette mission permettrait de rassurer les acteurs, de pérenniser l’engagement de l’Afrique de l’Ouest dans la crise et de briser le huis clos entre les acteurs guinéens.

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