Rwanda / France

Pierre Péan relaxé

Pierre Péan, le 4 février 2009.
Pierre Péan, le 4 février 2009. AFP/Miguel Medina

La cour d’appel de Paris a confirmé, mercredi, la relaxe de l’écrivain Pierre Péan qui était poursuivi pour diffamation raciale à la suite de la publication de son ouvrage Noires fureurs, blancs menteurs sur le génocide rwandais de 1994. Il était poursuivi par l’association SOS Racisme qui a décidé de se pourvoir en cassation.

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C’est une histoire aux fils difficiles à démêler, celle du génocide rwandais de 1994. Dans son livre, sorti en 2006, Pierre Péan écrit que, sous le règne de la monarchie rwandaise, « les jeunes Tutsis étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance ». Poursuivi par SOS Racisme, Pierre Péan avait été relaxé il y a un an en première instance, puis poursuivi en appel. Ce sont quatre pages de Noires fureurs, blancs menteurs qui étaient incriminées. L’association SOS Racisme le poursuivait pour « diffamation, provocation à la discrimination raciales et incitation à la haine ».

Après cette relaxe en appel, Pierre Péan s’est dit « soulagé ». L’auteur s’est déclaré « très heureux, parce que c’est très difficile à vivre ce soupçon, moi qui dans l’essentiel de ma vie est tourné sur l’Afrique, me retrouver avec une accusation d’incitation à la haine raciale ». Pierre Péan a ajouté : « J’ai beau savoir qui je suis. C’était très lourd à porter. Quand le jugement n’était pas rendu, j’avais peur. Donc, maintenant, je suis libéré »

Du côté de la partie civile au procès, on ne veut pas commenter l’arrêt de la cour d’appel. Mais l’un des avocats de SOS Racisme dans cette affaire a dit être en « désaccord avec la décision rendue ». Selon Maître Léon-Lef Forster, « le fait que l’on traite les Tutsis rwandais de menteurs, de manipulateurs, est une provocation à la haine raciale. En tout état de cause, le fait de traiter un peuple de menteur et de dire qu’il est systématiquement manipulateur n’est pas quelque chose de tolérable ».

La cour a estimé que les propos de l’auteur « ne présentaient pas de caractère diffamatoire » et qu’il s’agit de « l’expression d’un point de vue discutable mais argumenté, permettant d’expliquer, au moins en partie, la thèse de la manipulation de l’opinion publique internationale soutenue par Pierre Péan et ne franchissant pas les limites permises par la liberté d’expression ».

Les avocats de l’organisation SOS Racisme ont annoncé, à la suite du verdict, qu’ils allaient former un pourvoi en cassation.

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