France/Affaire AZF

Total et sa filiale relaxés

Les familles des victimes après le verdict, le 19 novembre 2009.
Les familles des victimes après le verdict, le 19 novembre 2009. Reuters

Le tribunal correctionnel de Toulouse a ordonné la relaxe, au bénéfice du doute, des prévenus du procès AZF: l'ex-directeur de l'usine où s'est produit la catastrophe et Grande Paroisse, la filiale de Total. Les parties civiles se disent écoeurés. La multinationale et son ancien directeur Thierry Desmarest ont été également mis hors de cause.

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Le 21 septembre 2001, l’explosion de l'usine chimique AZF faisait 31 victimes et des milliers de blessés.

La vingtaine des quelque 3000 parties civiles qui voulait que ce procès de la catastrophe soit avant tout le procès de la multinationale Total n'a donc pas été entendu par le parquet.

Le tribunal correctionnel de Toulouse a en effet déclaré irrecevable les citations contre Total et son ancien PDG. Ainsi que la relaxe générale au bénéfice du doute de l'ex-directeur de l'usine Grande Paroisse, elle-même filiale de Total, même si la justice reconnait des problèmes d'organisation au sein de l'usine. Certaines associations, partie civile des accidentés d'AZF, estimaient que Total était en effet le donneur d'ordres, et responsable de négligence à l'origine de l'accident chimique.

Ce sont donc les arguments des experts judiciaires qui ont été retenus. Ils avaient attribué alors la catastrophe à un déversement accidentel de produits chlorés sur du nitrate d'ammonium stocké dans un hangar, provoquant l'explosion. Ce procès qui se voulait exemplaire, filmé pour la première en partie a été applaudi par les ouvriers de l'usine.

Les associations de sinistrés se disent écoeurées

Jean-François Grelier, responsable de l'association des sinistrés du 21 septembre :

« C’est un vrai scandale. Le président du tribunal a commencé par nous dire que Grande Paroisse avait été totalement absorbée par Total. Ensuite, le président a dénoncé de manière impitoyable la désorganisation de l’usine Grande Paroisse, mais sans preuves formelles, il n’y avait pas d’autre solution que de relaxer Grande Paroisse et son directeur, Serge Biechlin.

L’arsenal juridique, me semble-t-il, est ainsi fait qu’on ne puisse pas attaquer Total. Il ne s’agit même pas de Total, mais de l’industriel en général.

Il semblerait que le procureur fasse appel. Quant aux associations, nous allons nous concerter. Il est évident qu’on ne peut pas en rester là. Malgré la disproportion de moyens entre Total et nous. On n’a pas vraiment le choix des armes ».
 

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