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Energies/climat

Enterrer le CO2, une solution pour le climat

Changzhi, l'usine de transformation de charbon dans la province chinoise de Shanxi.
Changzhi, l'usine de transformation de charbon dans la province chinoise de Shanxi. (Photo : Reuters)
Texte par : Camille Sarret
4 min

Stocker du dioxyde de carbone dans les profondeurs de la Terre : c’est l’une des solutions phares qui pourrait contribuer à faire baisser notablement les émissions de gaz à effet de serre. Un projet surréaliste ? Non,  bien au contraire.

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Baptisée CSC, cette technologie de captage et stockage de CO2 pourrait se déployer à une échelle industrielle d'ici 2020. « Beaucoup de capitaux sont investis dans la recherche. Tout peut aller très vite. En ce moment, nous sommes en pleine bagarre technologique », explique Denis Clodic, spécialiste des questions énergétiques à l’Ecole des Mines de Paris.

Quatre sites industriels sont déjà en fonctionnement à travers le monde. Deux en mer du Nord, un en Algérie et le plus ancien au Canada. Au large des côtes norvégiennes, la compagnie pétrolière Statoil injecte chaque année depuis dix ans un million de tonnes de dioxyde de carbone dans les sédiments sous la mer.

En France, Total a été autorisé à tester ce processus de captage et stockage à la centrale du Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques. 

Stockage de CO2 et effet de serre

Cette technologie n’est pas destinée à capter les émissions diffuses rejetées par le transport routier ou l'habitat. Elle doit servir à récupérer les émissions massives des centrales électriques fonctionnant au charbon, au fioul et au gaz, des aciéries et des cimenteries.

Pour les compagnies pétrolières et gazières, ainsi que pour les soiciétés d'électricité exploitant le charbon, les enjeux sont énormes. Puisque l’injection en sous-sol du C02 permettrait de continuer à exploiter les énergies fossiles sans risquer de dérégler le climat. Selon le Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), c’est l’une des solutions pour parer l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

La dimension politique d’indépendance énergétique est aussi fondamentale. En Chine, où les ressources en charbon sont loin d’être épuisées et permettent de soutenir le développement du pays, des laboratoires de haut niveau sont dans la course.

Où stocker ?

Selon les estimations actuelles, il serait possible de stocker les émissions de CO2 pendant plusieurs siècles. La Terre pourrait en accueillir jusqu’à 10 000 milliards de tonnes.Trois zones de stockage sont possibles, toutes comprises entre 1 000 et 5 000 mètres sous terre.

Les plus vastes sont les aquifères salins, présents dans tous les bassins sédimentaires de la planète. « Il ne faut pas imaginer des lacs souterrains, précise Andreas Ehinger de l’Institut français du pétrole. Ce sont des roches solides mais poreuses qui, comme des éponges, contiennent de l’eau non potable. Elles peuvent donc aussi recevoir du CO2. » Toutefois, ces couches géologiques restent méconnues. Il faudrait effectuer de nouvelles explorations pour en dresser une cartographie précise.

Deuxième possibilité : utiliser les champs de pétrole en fin de vie. Ce mode de stockage présente un intérêt non négligeable pour les compagnies pétrolières qui peuvent en injectant du CO2 récupérer du pétrole supplémentraire. « Le CO2 a pour spécificité de rendre le pétrole moins visqueux et donc de faciliter son drainage », explique l'expert de l’IFP. Autre avantage : ces champs sont bien connus.

Troisième solution : les veines de charbon. Le CO2 s’y fixe et peut expulser le méthane qui s’y trouve de manière naturelle. « Mais ces zones présentent un potentiel de stockage assez limité », souligne Andreas Ehinger.

Evolution du CO2 en sous-sol

Dans les trois cas, il est indispensable d’évaluer les risques de fuite et de mettre en place des procédures de surveillance. Sur une échelle de milliers d'années, le CO2 se transforme en réagissant avec la roche et les fluides.

A quel coût ? 

Aujourd’hui, un des freins au déploiement de cette technologie est son prix. Il faut compter entre 80 et 100 euros la tonne de CO2 stockée. Ce sont les méthodes de captage des émissions à la sortie des usines qui, au sein de la filière, coûtent le plus cher.

Mais, avec les progrès techniques à venir, le coût pourrait baisser à 35 euros par tonne de CO2 stocké. Aussi, pour rendre le captage et le stockage géologique rentables, il faudrait qu'à l'inverse le droit d’émettre du CO2 dans l’atmosphère augmente pour atteindre un coût équivalent.

En tout cas, au final,  cela signifie une augmentation du prix global de l’énergie. Ce qui n'est pas un mal, selon Denis Clodic. « Cela va nous contraindre à réduire notre consommation énergétique car, de toutes façons, il faut aboslument la réduire. »

Filière de captage et stockage de CO2
Chaîne de captage et de stockage de CO2 IFP/BRGM/Ademe

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