Tunisie

Procès du journaliste Taoufik Ben Brick

Des membres de Reporters sans Frontière brandissent une bannière afin de protester contre l’arrestation de Taoufik Ben Brik, à Paris, le 19 novembre 2009.
Des membres de Reporters sans Frontière brandissent une bannière afin de protester contre l’arrestation de Taoufik Ben Brik, à Paris, le 19 novembre 2009. AFP / Arthur Herbulot

Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brick est jugé pour des violences contre une automobiliste commises après les élections du 25 octobre. La première journée de son audience jeudi a été marquée par des échanges vifs et une confusion sur l'organisation de la défense de l'accusé. Un procès étrange où la famille de Taoufik Ben Brick et les journalistes n’ont pas eu accès.

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L’audience n’aura duré qu’une demi-journée. Le collectif de la quarantaine d’avocats de la défense a demandé un report du procès, le temps de consulter le dossier. Le président du Tribunal a refusé.

Ecroué depuis le 29 octobre, Taoufik Ben Brick est jugé pour faits de violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaire des biens d'autrui, sur la base d'une plainte déposée par une automobiliste, qui accuse Ben Brick d'avoir délibérément embouti sa voiture, de l'avoir frappée et injuriée devant deux témoins.

Mais la plaignante et les 2 témoins étaient absents à l’audience jeudi. L’accusé, lui dit être victime d'un traquenard de la police, en raison de ses écrits contre le régime du président Zine El Abidine Ben Ali.

Les associations tunisiennes des droits de l’homme et Reporters sans Frontières dénoncent un procès politique. Le secrétaire général de RSF se dit indigné par l’indifférence de la France face au cas Ben Brick. « C’est totalement scandaleux : il n’y avait aucun représentant d’une ambassade étrangère présent dans la salle audience. Qu’est-ce que ça coûtait aux ambassades étrangères, qu’est-ce que ça coûtait à l’ambassade de France d’envoyer quelqu’un pour observer le procès de Toufik », demande, scandalisé, Jean-François Julliard.

Taoufik Ben Brick risque jusqu’à cinq ans de prison. Le verdict sera rendu jeudi prochain.

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