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Israël/Territoires Palestiniens

Un échange de prisonniers très politique

Un garçon dans une manifestation à Gaza pour la libération des détenus palestiniens emprisonnés en Israël, le 23 novembre 2009.
Un garçon dans une manifestation à Gaza pour la libération des détenus palestiniens emprisonnés en Israël, le 23 novembre 2009. REUTERS/Suhaib Salem
Texte par : Franck Weil-Rabaud
4 min

Un accord semblait très proche, mercredi 25 novembre, entre Israël et le Hamas palestinien sur le contenu d’une liste de prisonniers palestiniens en Israël qui pourraient être libérés en échange du soldat israélien Gilad Shalit détenu dans la bande de Gaza depuis juin 2006.

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« Le prix à payer sera très élevé, mais je pense que le gouvernement (israélien) l'approuvera. Cet accord prouvera à toutes les mères d'Israël que nous ne sommes pas prêts à abandonner un seul de nos soldats », affirme le ministre du Commerce et de l’Industrie israélien Binyamin Ben Eliezer, en visite officielle en Turquie.

Et de fait, après maintes déconvenues, la liberté semble cette fois en vue pour le soldat israélien Gilad Shalit, détenu dans la bande de Gaza depuis juin 2006. En échange, le Hamas, qui a le contrôle de Gaza, doit obtenir la libération de centaines de détenus palestiniens, parmi lesquels la figure de proue de son concurrent du Fatah, Marwan Barghouti.

Bien sûr, tout peut toujours être remis en question et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ne veut pas crier victoire. D’ailleurs, l'échange de prisonniers devrait comporter plusieurs phases et « il y aura des noms d'assassins » d’Israéliens, souligne Ben Eliezer.

Côté Hamas, l’entourage des négociateurs assure qu'Israël a accepté d'augmenter le nombre et le champ des élargissements, le mouvement islamiste se résignant à ce que certains des prisonniers libérés s'exilent au lieu de rentrer en Cisjordanie ou à Gaza.

« S'il doit y avoir un échange, nous ne nous passerons pas d'un débat public. Nous ne prendrons pas cela comme un fait accompli. Nous permettrons aux ministres du gouvernement, et au public en général, de débattre de la question », a promis Benyamin Netanyahu. Et cela dans le plus grand secret.

Côté palestinien, ces négociations recouvrent pour le Hamas des enjeux politiques tout particulièrement importants. Et ce d’autant plus que la question des prisonniers affecte personnellement une majorité de familles palestiniennes. Et bien évidemment, la conclusion d'un accord sera portée au crédit du mouvement islamiste fort d’une monnaie d’échange de valeur, un soldat israélien, comme le souligne Julien Salingue, enseignant à l'université Paris VIII.

Julien Salingue

L’Autorité palestinienne exclue des négociations

Confinée à la Cisjordanie depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas est de fait exclue de négociations dans lesquelles le mouvement islamiste s’est imposé comme interlocuteur.

A Ramallah, les proches de Mahmoud Abbas se défendent pour autant de souhaiter son échec. C’est en tout cas ce qu’affirme Amr Nasr, chargé des relations internationales au sein du ministère palestinien des Détenus, un portefeuille de plein exercice dans le gouvernement palestinien.

Amr Nasr

Au sein de l'Autorité palestinienne, on souligne par ailleurs que le sort des prisonniers palestiniens suscite bien moins d'intérêt que celui de Gilad Shalit. Et Amr Nasr n'hésite pas, d'ailleurs, à mettre en cause l'attitude du président français, Nicolas Sarkozy, à l’égard du sort de Salah Hamouri, ce jeune Franco-Palestinien qui purge une peine de sept ans de prison pour avoir selon le gouvernement israélien projeté d'assassiner le rabbin Ovadia Yossef, chef du parti religieux Shass. Son avocat français, Maître Daniel Voguet, est également celui du plus célèbre prisonnier palestinien Marwan Barghouti. Il ignore si ses clients seront libérés dans le cadre de cet accord.

Maître Daniel Voguet

Cette volonté du gouvernement israélien d'obtenir le retour de son soldat même au prix de la libération de plusieurs centaines de Palestiniens dont des auteurs d'attentats-suicide peut d'ailleurs surprendre. C'est vrai que les termes de l'échange semblent inégaux mais c'est une tradition israélienne qui se double d'un intérêt politique.

Le cabinet israélien devait évoquer ce mercredi l'évolution des négociations en session extraordinaire, avec une seule question en tête : combien vaut le soldat Gilad Shalit ?

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