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Namibie/Allemagne

Le peuple héréro demande réparation

Deux femmes, héréros, avec leurs robes Ohorokueva et leur coiffe Otjikaiva.
Deux femmes, héréros, avec leurs robes Ohorokueva et leur coiffe Otjikaiva. RFI/N. Champeaux
Texte par : Nicolas Champeaux
3 mn

Comme les peuples Nama et Ovambo, les Héréros ont subi le règne des Sud-Africains jusqu’à leur indépendance (21 mars 1990). Mais, avant, durant la colonisation allemande (1884-1915), les Héréros ont été en grande partie exterminés. Pour avoir refusé de céder ses terres et son bétail, la communauté ne parvient toujours pas à effacer le massacre de sa mémoire.

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De notre envoyé spécial à Omaruru

Dans ce fief héréro, un siècle après le massacre qui a fait des dizaines de milliers de victimes, Rudoph Hongozé, conseiller d’un chef héréro, trouve encore des douilles allemandes, au pied des roches de granit du champ de bataille d’Oturenda.

On peut en trouver d’autres en creusant, explique Rudolph, catégorique : « Nous sommes sur le site d’un génocide, les Allemands voulaient notre extermination ».

La tour Victor Franke d'Omaruru, érigée à la gloire du général allemand qui a défait les héréros.
La tour Victor Franke d'Omaruru, érigée à la gloire du général allemand qui a défait les héréros. RFI/N. Champeaux

À deux pas, se dresse une tour célébrant la suprématie allemande. Elle a été bâtie à l’endroit du feu sacré, où les Héréros se recueillaient pour communiquer avec leurs ancêtres. Dans la tradition, l’extinction du feu signifie la mort de la communauté. La marque de l’oppresseur se lit aussi dans les tenues caractéristiques des femmes héréros. Leurs robes amples, colorées et plissées, appelées ohorokueva, descendent jusqu’au pied. Elles sont inspirées des robes des épouses des missionnaires allemands. Evenezia, l’épouse de Rudolph, préfère insister sur les coiffes, qui renvoient aux éleveurs héréros : « Mon chapeau est censé représenter les cornes des vaches, c’est pour cela qu’il y a deux espèces de pointe de chaque côté du chapeau. Et puis si je vais à un mariage, je dois marcher en me balançant de chaque côté, tout doucement. Les femmes héréros ne doivent pas marcher vite, non, ce n’est pas le style héréro ça. On doit marcher tout doucement, comme les vaches ».

Du bétail les Héréros n’en ont presque plus. Christian Zeraoua, le chef des Héréros d’Omaruru, reçoit sous un acacia devant sa modeste maison, à une heure de piste de la ville. Cet homme âgé de 75 ans porte un élégant chapeau de feutre orné d’une plume, mais le col de sa chemise est bien râpé. Selon Christian, les Héréros « sont en droit de demander des réparations aux Allemands. Ils ont pris nos terres, notre bétail, et si je suis pauvre aujourd’hui, comme vous pouvez le voir, c’est à cause des Allemands. Et puis ils ont envoyé les Héréros dans des camps de concentration, donc nous exigeons des réparations ».

L’Allemagne a présenté des excuses officielles, mais il en faudra plus pour dissiper l’amertume du chef Zeraoua. D’ailleurs, avant de prendre congé, son conseiller nous glisse à l’oreille qu’en langage otjihéréro « Omaruru » veut dire « ce qui est amer ». 

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