Climat

Obama ira à Copenhague avec des propositions concrètes

Barack Obama ira au sommet de Copenhague le 9 décembre 2009.
Barack Obama ira au sommet de Copenhague le 9 décembre 2009. Reuters / Jason Reed

Le président américain a confirmé sa participation à la grande conférence de l'ONU sur le climat qui aura lieu en décembre dans la capitale danoise. Les Etats-Unis, un des plus gros pollueurs de la planète, proposeront à cette occasion une baisse progressive des émissions de gaz à effet de serre.

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Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Le président américain prononcera un discours lors du sommet sur le climat à Copenhague le 9 décembre, avant de se rendre à Oslo pour y recevoir le prix Nobel de la paix. La Maison Blanche avait fait planer l’incertitude sur ce sujet depuis des semaines, Barack Obama ne souhaitait évidemment pas arriver là-bas sans avoir rien de concret à proposer.

Le président américain a décidé de s’engager à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 17% en 2020, puis de 30% en 2025 et de 42% en 2030, le tout par rapport aux niveaux de 2005.

Jusque-là l’administration américaine refusait de donner des objectifs clairement chiffrés, et pour une raison bien simple, c’est que le Congrès n’a pas encore réussi à mettre au point une loi là-dessus, et il n’a matériellement pas le temps de le faire avant le sommet de Copenhague, d’autant que chez les parlementaires américains il y a énormément de résistances.

On remarquera d’ailleurs que Barack Obama se rend à Copenhague au début et non à la fin du sommet sur le climat, ce n’est pas seulement une affaire de calendrier, il sera là-bas avant que les décisions importantes soient prises ou ne le soient pas.

Sa lenteur à définir une nouvelle stratégie pour l'Afghanistan l'avait fait traiter d'indécis, Barack Obama ferait presque aujourd'hui figure de téméraire. Son choix: au moins 30 000 soldats supplémentaires, non loin de l'objectif fixé par son plus haut responsable militaire sur place, va se heurter à la résistance des parlementaires démocrates appelés à voter les fonds nécessaires, dont beaucoup sont viscéralement opposés à tout nouvel effort de guerre. Sans parler d'une majorité de l'opinion, en désaccord croissant.

Sur le climat, les sondages sont meilleurs : trois Américains sur quatre croient encore au changement climatique, mais là aussi le scepticisme s'installe. Et le Congrès, qui commence à peine à se saisir du sujet, donne les signes d'une future résistance acharnée quand il lui faudra imposer des contraintes à une industrie déjà mal en point.

Pourtant Barack Obama, à nouveau, fait preuve de volontarisme en se rendant à Copenhague prêt à s'engager sur un objectif de -17% d'ici 2020. Le chiffre réaliste qui, précisément, circule dans les couloirs du congrès, le mettant en principe à l'abri d'être contredit une fois de retour au pays comme l'avait été Bill Clinton après Kyoto.

Une audace toute relative donc pour Barack Obama, tempérée par l'obsession d'avoir raison sur le long terme, loin des sondages au jour le jour. Ses choix longuement réfléchis font en tout cas du président américain l'exact contre-modèle de son prédécesseur, qui disait se laisser guider par ses tripes.
 

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