Economie

Poutine à Paris : contrats en vue pour les entreprises françaises

Avtovaz, qui risque la faillite, a fait appel à Renault, déjà présent dans le capital de l'entreprise russe.
Avtovaz, qui risque la faillite, a fait appel à Renault, déjà présent dans le capital de l'entreprise russe. AFP / Ekaterina Dolgova

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, doit participer ce vendredi à un séminaire intergouvernemental aux côtés de son homologue français, François Fillon. C'est le château de Rambouillet, près de Paris qui accueille cette réunion. L’occasion pour les entreprises françaises de sceller des partenariats avec des entreprises russes.

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Total, EDF, Lafarge ou encore Renault…Une dizaine de poids lourds de l’industrie française seront présents au séminaire qui réunit plusieurs ministres français et russes autour de François Fillon et Vladimir Poutine, ce vendredi à Rambouillet près de Paris. Plusieurs accords devraient être signés.

Dans le domaine énergétique, EDF pourrait sceller un accord de coopération avec Gazprom, le géant russe du gaz. L’électricien est en effet en train de négocier son entrée dans le projet South Stream, cet immense gazoduc qui devrait relier la Russie à l’Italie, en passant par la Mer noire. Le consortium regroupe pour l’instant le russe Gazprom et l’italien ENI.

De son côté, GDF-Suez négocie son entrée dans le projet de gazoduc North Stream qui reliera bientôt la Russie et l’Allemagne, par la Mer Baltique. GDF-Suez est prêt à entrer à hauteur de 9% dans le projet, mené par le russe Gazprom et l’allemand E.ON. Un projet évalué à 9 milliards de dollars au total. Selon GDF-Suez, les discussions continuent sur le montant et la durée des livraisons de gaz.

Le gaz, enjeu stratégique

La France qui importe 14% de son gaz de Russie cherche à diversifier les routes d’acheminement de cette matière première. L'Europe a subi des coupures de gaz à cause d'un conflit financier entre la Russie et l'Ukraine l'an dernier, or 80% du gaz qui arrivent en Europe transite par l'Ukraine. North Stream et South Stream seraient des alternatives. Il existe bien un autre projet, Nabucco, défendu par l’Union européenne, mais il a pris du retard.

Le séminaire franco-russe de vendredi devrait être l’occasion de sceller d’autres partenariats. Dans l’automobile par exemple, Renault va signer un protocole d’accord concernant la restructuration d'Avtovaz, le constructeur de la Lada. Avtovaz qui emploie 100 000 personnes et qui risque la faillite à cause de la crise, a fait appel à Renault qui est déjà présent dans le capital de l'entreprise russe. Mais chez le constructeur français, on assure qu'il n'y aura pas d’apport de capital supplémentaire. L'aide de Renault devrait se situer au niveau du savoir-faire et des technologies.

D’autres entreprises françaises pourraient tirer leur épingle du jeu car Moscou a annoncé récemment vouloir moderniser la Russie. « Le domaine ouvert par cette modernisation est extrêmement vaste », explique sur RFI Jacques Sapir, spécialiste de la Russie à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. Le chercheur cite notamment « tout ce qui concerne l’efficacité énergétique, par exemple imaginer des processus pour produire de l’acier avec beaucoup moins d’énergie qu’aujourd’hui », ou « dans le domaine de l’industrie pétrolière, » éviter « de gaspiller le gaz et le pétrole ». Des domaines d’intervention dans lesquels les entreprises françaises pourraient apporter leur expertise. La croissance verte, un thème porteur à quelques jours de l’ouverture de la conférence de Copenhague sur le climat.

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