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Mali

Le Français enlevé au Mali était un habitué de la région

Pierre Camatte (à droite).
Pierre Camatte (à droite). DR
Texte par : RFI Suivre
3 min

Pierre Camatte, originaire de Gérardmer, dans l'Est de la France, connaissait bien et depuis longtemps la région de Ménaka où il est impliqué dans différents projets de développement. Il a été enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi par des hommes armés. L'armée malienne a engagé des recherches pour tenter de le retrouver.

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Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

C’est la première fois qu’un étranger est enlevé en plein territoire malien. Jusque-là, les kidnappings se faisaient dans d’autres pays et les ravisseurs conduisaient ensuite leurs otages dans le désert malien afin de négocier leur libération.

Sur le sort du Français enlevé à Ménaka, une source fiable affirme qu’il serait en vie. Pierre Camatte, 61 ans, a été enlevé notamment par des hommes en armes dans un petit hôtel qui lui servait de logement.

Pour le moment, il n’y a aucune revendication mais les hypothèses sont nombreuses. Président du comité de jumelage entre la localité de Tidarmene, située au nord de Ménaka, et une ville française, Pierre Camatte était aussi sur place directeur technique d’un hôtel. Il avait une autre casquette, celle de chercheur. À ce titre, il s’intéressait à une plante sensée combattre le paludisme.

Dans la région de Ménaka, son visage était familier aux habitants. Il était plutôt accepté, même si de notoriété publique, il entretenait de mauvaises relations avec un élu de Tidarmene.

Ici dans la capitale malienne, en vue de coordonner les actions pour retrouver sain et sauf le ressortissant français, le gouvernement malien a mis sur pied une petite cellule de crise.

« Nous ne visons pas les ONG, nous ciblons la France », a déclaré Abou Mohamed Rizeigi qui se présente comme le porte-parole des Aigles de la libération de l'Afrique (Faucons libres de l'Afrique pour la traduction exacte), est un groupuscule obscur qui sert de paravent à des bandits, selon différentes sources proches du dossier.

Le catalogue des revendications des ravisseurs est flou, certaines sont même surprenantes.
Exemple : les Faucons libres de l’Afrique selon la traduction littérale, protestent contre le transfert en France d’enfants dans le cadre de l’affaire de l’Arche de Zoé. Or, tout le monde sait que la rocambolesque opération de l’Arche de Zoé s’est achevée piteusement sur l’aéroport d’Abéché au Tchad.

Les ravisseurs accusent également les Français de faire du prosélytisme religieux et, plus généralement, d’encourager la guerre au Tchad et au Soudan. Bref, rien de bien précis.

Alors qui sont ces Faucons libres de l'Afrique ? « Des coupeurs de route, des bandits », martèle le ministre tchadien de l’Intérieur. Ahmat Mahamat Bachir estime que Laurent Maurice, enlevé le 9 novembre dernier, se trouve au Soudan. « Lui et ses ravisseurs », affirme-t-il.

La piste du grand banditisme est également privilégiée par une source digne de foi dans la capitale tchadienne. « Les milices Janjawid sont livrées à elles-mêmes. Elles ne sont plus contrôlées par Khartoum. Elles se sont reconverties dans le banditisme au Soudan, mais aussi au Tchad et en République centrafricaine », explique notre interlocuteur.
 

 

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