Accéder au contenu principal
Honduras / Election présidentielle

Zelaya appelle au boycott

Devant le congrès de Tegucigalpa, un supporter de Manuel Zelaya appelle au boycott des élections.
Devant le congrès de Tegucigalpa, un supporter de Manuel Zelaya appelle au boycott des élections. Reuters / Oswaldo Rivas

Les Honduriens sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire un nouveau président. Le scrutin se déroule sur fond de grave crise politique depuis le coup d’Etat qui a renversé le 28 juin, le président Manuel Zelaya. Le président déchu conteste la légitimité du scrutin, épaulé par les ténors des Etats sud-américains tels le Brésil, l'Argentine ou le Venezuela.

Publicité

Depuis le 28 juin 2009, le Honduras a de facto, deux présidents : Manuel Zelaya, élu à la tête du pays mais renversé par le coup d’Etat, et Roberto Micheletti, l’ancien président du Congrès qui a remplacé le président déchu sans être reconnu par la communauté internationale. Mais à l’heure où quelque 4,5 millions de Honduriens s’apprêtent à passer dans l’isoloir pour élire un nouveau gouvernement, le fauteuil du chef de l’Etat est vide. Cette situation absurde symbolise à elle seule l’atmosphère dans laquelle vit le Honduras. Depuis six mois, le pays est littéralement déchiré par une politique de chaos.

Les deux protagonistes de cette crise, sans précédent en Amérique latine depuis la fin de la guerre froide, campent sur leurs positions.

De son côté, Manuel Zelaya est toujours retranché dans l’enceinte de l’ambassade du Brésil où il avait trouvé refuge à son retour clandestin au Honduras, le 21 septembre, après avoir été arrêté au saut du lit au mois de juin et expulsé au Costa Rica. La Cour suprême l’accuse d’avoir voulu organiser une consultation populaire visant à réformer la Constitution afin de briguer un second mandat.

Des médiations infructueuses et un accord qui reste lettre morte

Depuis, Manuel Zelaya a tout essayé pour revenir au pouvoir. Après plusieurs tentatives de médiation de la part de l’Organisation des Etats américains (OEA), restées infructueuses, c’est finalement sous la pression des Etats-Unis qu’un accord de sortie de crise est signé par les deux camps. Il prévoit le retour de Manuel Zelaya à son poste de président avant la tenue des élections présidentielles et législatives du 29 novembre, sous condition d’un avis favorable de la Cour suprême et du Congrès, ainsi que la mise en place d’un gouvernement transitoire d’unité nationale. Seulement voilà : il y a une semaine, Manuel Zelaya déclare l’accord lettre morte, parce qu’à quelques jours des élections, il n’est toujours pas rétabli dans ses fonctions. Le président déchu appelle au boycott du scrutin.

Pendant ce temps, Roberto Micheletti annonce la mise en place d’un gouvernement sans représentants de Manuel Zelaya. Puis, comble de l’ambiguïté, le président issu du coup d’Etat se retire de sa fonction le temps du scrutin afin de « garantir », comme il assure, « que les élections soient libres, spontanées et transparentes » et appelle la communauté internationale à reconnaître le résultat des urnes, « seule possibilité », selon lui, « de sortir le pays de la crise ».

La communauté internationale divisée

Dans ce contexte d’extrême polarisation à l’intérieur du Honduras, la communauté internationale n’est pas moins divisée. Alors que certains pays ont annoncé vouloir reconnaître le vainqueur de l’élection, comme notamment les Etats-Unis et le Costa Rica, les grands ténors latino-américains, comme le Brésil, l’Argentine ou le Venezuela, ont d’ores et déjà jugé le scrutin illégitime puisque Zelaya reste écarté du pouvoir. L’Union européenne a déclaré, quant à elle, vouloir attendre la fin des élections avant de prendre une position.

Reste désormais à savoir, quelle légitimité on pourra accorder à un vote, qui ne sera pas reconnu par l’ensemble de la communauté internationale. Un vote qui ne sera pas non plus représentatif puisque de nombreux candidats à la présidentielle se sont retirés de la course, pour manifester leur désaccord avec les conditions dans lesquelles se déroule le scrutin.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.