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France / Economie

Crise de confiance entre les salariés et leurs patrons

Des enseignants français manifestent dans le sud de la France, le 24 novembre 2009.
Des enseignants français manifestent dans le sud de la France, le 24 novembre 2009. Reuters/Eric Gaillard
Texte par : Patricia Lecompte
3 min

Le journal économique Les Echos a publié ce lundi un sondage sur les rapports entre les salariés et leurs employeurs. A l'évidence, l'étude dénonce une crise de confiance entre les employés et leurs directions : 6 salariés sur 10 se méfient de leurs dirigeants, et 44% des personnes interrogées estiment que leur situation s'est dégradée au cours de ces dernières années.

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La défiance touche toutes les catégories de salariés, aussi bien les cadres que les employés, qu’ils soient dans le public ou dans le privé. Mais la méfiance est encore plus grande chez les fonctionnaires où ils sont à peine 30% à garder confiance dans leur administration. Seuls, un peu plus d'un tiers des sondés considèrent que les intérêts des directions et ceux des salariés vont dans le même sens.

Ce divorce ne s'explique pas uniquement par la crise économique, car plus de 70% des salariés disent avoir confiance en la solidité de leur entreprise et dans le même temps, un salarié sur deux craint pour son emploi.

Cependant la crise a conduit les patrons à changer leur stratégie et pour certains à recourir aux restructurations. Les dirigeants ont parfois opéré ces changements de manière autoritaire, en négligeant l’aspect humain. Dans un contexte qui s’est durci, les salariés contestent les choix stratégiques de leur direction, dénoncent les écarts de rémunération et affirment souffrir du manque de reconnaissance. Les employés accusent les techniques de management.

Les TPE s’en tirent mieux

Face à cette dégradation, il apparait que les petites entreprises sont moins touchées que les grandes par la dégradation des relations employés-patrons. Parmi les salariés sondés dans les TPE, deux tiers se déclarent satisfaits de leur situation, et 36% déclarent faire confiance à leur employeur, contre 21% seulement dans les grandes entreprises. Moins de souffrance dans les entreprises de moins de 10 salariés, où la relation employeur-employé est vécue comme positive. Ouvriers et cadres se disent plus heureux dans une petite structure.

Le sondage montre également que les salariés n’ont plus confiance dans les syndicats. Ces derniers n’apparaissent plus comme « le défenseur utlime ». Et
64% des personnes interrogées trouvent normal que les salariés aient recours à des actions musclées, quand ils sont dans l’impasse. La vague d’inquiétude renforcée par la médiatisation de la souffrance au travail pourrait bien inciter les salariés à devenir beaucoup plus vindicatifs comme l’affirment plus d’un quart des personnes interrogées.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, ne croit pas à un divorce entre les salariés et leurs dirigeants. Pour Laurence Parisot, il faut dissocier les salariés du privé et du public, ces derniers étant selon elle, beaucoup plus pessimistes. Par ailleurs, elle considère qu’il ne faut pas « mettre sur le dos des employeurs toute la responsabilité d’une inquiétude conjoncturelle liée à la crise».

*sondage réalisé par TNS Sofres auprès d’un échantillon représentatif de 1 005 salariés du privé, d’entreprises publiques et d’administrations, du 14 au 23 octobre 2009.
 

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