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Religion

Le Vatican au secours des minarets

Manifestation symbolique contre les résultats du référendum, autour d'un minaret de carton, à Genève.
Manifestation symbolique contre les résultats du référendum, autour d'un minaret de carton, à Genève. REUTERS / Valentin Flauraud
Texte par : RFI Suivre
2 min

Tandis que certains partis suisses envisagent des recours juridiques pour contrer l'interdiction des minarets dans leur pays, le Vatican apporte un soutien mesuré aux musulmans pratiquants helvétiques. 

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Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

Les décisions prises par le peuple ont force de loi. Telle est la règle de la démocratie directe en vigueur en Suisse. L’affaire de l’interdiction des minarets paraît donc close.
Ce n’est pourtant pas l’avis de certains juristes, qui parlent de recours possible devant la cour européenne des droits de l’homme.

La confédération, explique par exemple le constitutionnaliste Andreas Auer, a signé et ratifié deux conventions, l’une assurant la liberté religieuse, l’autre prohibant la discrimination. Ces textes sont, à ses yeux, violés par l’adoption de l’interdiction des minarets. Le gouvernement helvétique lui-même en avait dressé le constat bien avant le vote. Aucune suite n’avait été donnée à ces mises en garde.

Ce point de vue a été repris dans une communication rendue publique par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Son rapporteur parle d’une atteinte portée au pacte sur les droits civils et politiques.
Fort de ces avis, le parti des Verts prend la balle au bond et affirme son intention de saisir les instances européennes.

 

Avec notre correspondant à Rome, Antoine-Marie Izoard

Alors que l’Italie vient à peine d’être sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour la présence de crucifix dans les salles de classes des écoles publiques, le Vatican défend du bout des lèvres un autre symbole religieux, le minaret.

Pas de prises de position officielles ni tonitruantes du Saint-Siège, mais le président du Conseil pontifical pour les migrants, Monseigneur Veglio, s’est dit sur la même ligne que les évêques suisses. Ceux-ci avaient jugé que le vote interdisant la construction de minarets dans leur pays était un coup dur porté à la liberté religieuse et à l’intégration.

Mais le numéro deux du même ministère en charge des questions de migration au Vatican pense, lui, que cette interdiction de construire des minarets ne va pas à l’encontre de la liberté religieuse. En Suisse, explique ainsi Monseigneur Marchetto, on pourra toujours construire des mosquées. Mais cet évêque regrette surtout que les initiateurs du référendum suisse aient joué avec la peur des populations. Ce haut prélat du Vatican souhaite au contraire un dialogue entre les musulmans et la population locale.

 

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