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Suisse/Religions

Stupéfaction après l'interdiction des minarets en Suisse

En Suisse, des manifestants érigent des minarets symboliques, place Helvetiaplatz à Zurich, pour protester contre les résultats du référendum du 29 novembre 2009.
En Suisse, des manifestants érigent des minarets symboliques, place Helvetiaplatz à Zurich, pour protester contre les résultats du référendum du 29 novembre 2009. REUTERS/Arnd Wiegmann
Texte par : RFI Suivre
2 min

A l’appel de la droite populiste, les Suisses ont voté le 29 novembre à une majorité écrasante (57,5%), l’interdiction de la construction de minarets dans leur pays, créant ainsi une immense surprise. La presse helvétique réagit sévèrement à ce résultat, et place le gouvernement dans l’embarras. Quant aux vainqueurs, ils crient victoire.

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Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

La fierté à défendre la démocratie directe à tout prix pourrait bien se retourner demain contre la Suisse, ses citoyens et ses entreprises. Voilà le commentaire de notre confrère Alain Maudet du Temps au lendemain du vote des Suisses approuvant l’interdiction de construction de tout nouveau minaret.

Il reflète pleinement le vif embarras manifesté par le gouvernement helvétique appelé désormais à gérer une situation des plus délicates. L’exécutif ne remet certes pas en cause le résultat. Il ne peut désavouer le peuple. Mais il prend la mesure de la tâche des plus délicates qui l’attend.

Quant aux vainqueurs, ils ne veulent pour l’heure que jouir pleinement de leur victoire. Ils citent les mille et un télégrammes de félicitations envoyés par leurs homologues autrichiens, belges et italiens. Ils disent leur fierté de voir leur pays afficher son indépendance et donner une bonne leçon à ces musulmans qui doivent rentrer dans le rang s’ils veulent vivre en Suisse. Ils cherchent aussi à calmer le jeu, affirmant que la situation des musulmans de Suisse ne sera pas modifiée, que la liberté du culte ne sera pas altérée. Leur succès en quelque sorte les dépasse. 

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Condamnations et appels à la retenue ont dominé les médias. Les condamnations sont venues des représentants religieux des quatre coins du monde arabe. Le grand mufti d’Egypte, Ali Gomaa, pense que la votation constitue «un précédent grave pouvant approfondir les sentiments de haine à l’égard des musulmans». Il a toutefois appelé au dialogue et à l’usage des mécanismes légaux pour faire face à ce qu’il considère comme «une provocation».

Le cheikh Youssef al Karadaoui, président de l’Union internationale des Oulémas et membre de la confrérie des Frères musulmans, a lui aussi mis en garde contre l’impact négatif de l’interdiction des minarets sur les musulmans de Suisse qui, selon lui, se sentiront rejetés. Il a toutefois appelé cette communauté à continuer à se considérer comme partie intégrante de la Suisse.

Mais, les réactions les plus violentes viennent d’internet où de nombreux internautes appellent à boycotter les produits suisses, montres et tourisme en tête. Certains vont plus loin en appelant les musulmans à fermer les robinets du pétrole, et à retirer leurs avoirs des banques suisses.

 

 

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