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France / Etats-Unis / Guantanamo

La France accueille un second Algérien libéré de Guantanamo

La prison de Guantanamo.
La prison de Guantanamo. AFP/Shane T. McCoy

Saber Lahmar est arrivé en France. Cet Algérien âgé de 39 ans aura passé huit ans dans le camp de détention américain de Guantanamo. Il était accusé d’avoir projeté un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis en Bosnie. La justice américaine l’a finalement blanchi de ces accusations et ordonné sa libération.

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Avec huit ans de détention, Saber Lahmar était l’un des plus anciens prisonniers de Guantanamo, ce camp militaire américain d’internement situé sur l’île de Cuba. En 2001, cet Algérien trentenaire vit en Bosnie d’où est originaire sa femme. Il est à l’époque bibliothécaire et enseignant. Arrêté en compagnie de quatre autres ressortissants algériens, il est accusé d’avoir planifié un attentat contre l’ambassade américaine de Sarajevo. Un tribunal de Sarajevo le déclare innocent. Le dossier devient alors politique. Le gouvernement de George Bush menace les autorités bosniaques de suspendre son aide économique si les cinq hommes ne lui sont pas livrés. Les autorités de Sarajevo cèdent et Saber Lahmar est transféré à Guantanamo. Il va y passer huit ans

Un long processus judiciaire

A partir de 2004, Saber Lahmar bénéficie de l’assistance juridique d‘avocats américains. Parmi eux, Robert Kirsch, associé d’un cabinet de Boston. Ses confrères et lui n’ont de cesse de plaider l’illégalité de la détention de leur client. De juridiction en juridiction, le dossier parvient jusqu’à la Cour suprême. L’organe judiciaire ultime aux Etats-Unis tranche finalement en juin 2008 en faveur des avocats des détenus de Guantanamo. Ces derniers se voient le droit de contester leur emprisonnement devant un tribunal civil américain. A l’époque Kenneth Roth, président de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch estime que cette décision « retire sa raison d'être à Guantanamo, conçu comme une zone de non-droit et sonne le glas du camp ». En novembre 2008, prenant acte de la décision de la Cour suprême, un juge fédéral reconnait le caractère illégal de la détention de Saber Lahmar et ordonne sa remise en liberté.

Négociations diplomatiques

Dès son arrivée à la Maison Blanche, le nouveau président américain Barack Obama s’engage à fermer définitivement le camp de Guantanamo qui abrite alors plus de 200 détenus. Commence alors une période de négociations diplomatiques entre les Etats-Unis et leurs alliés. En mai 2009, la France accepte ainsi d’accueillir sur son sol un autre ressortissant algérien Lakdar Boumediene. Celui vit depuis dans le sud du pays. A l’époque la France avait été le premier pays à accepter d’accueillir sur son territoire un ex-prisonnier de Guantanamo qui ne soit ni un résident ni un citoyen français. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a donc décidé d’accéder une nouvelle fois à la requête des Américains. Dans un communiqué publié ce lundi le ministère français des Affaires étrangères indique «  que la France contribue ainsi, comme d’autres Etats européens et non- européens, à la mise en œuvre de la décision prise par le Président Obama, au lendemain de son investiture, de procéder à la fermeture du centre de détention de Guantanamo. Nous avons fait le choix d’apporter notre soutien à la mise en œuvre de cette décision, qui répond à une attente exprimée de longue date par l’Union européenne ».

Patrick Baudoin

Par l’intermédiaire de son avocat américain, Saber Lahmar a fait savoir qu’il souhaitait « trouver du travail en France et reprendre une vie normale ». Il pourrait toutefois décider d’intenter un procès au gouvernement américain en vue d’obtenir des compensations financières pour sa détention illégale. Pour Maître Robert Kirsch « il est difficile de gagner un procès contre un gouvernement comme celui des Etats-Unis. Mais le cas de mon client, qui a été traité de manière inhumaine pendant huit ans, est exceptionnel et je ne sais pas quelle réponse la justice pourrait apporter face à ce dossier ». Sur un plan plus global, l’avocat américain espère surtout que le président Obama va tenir sa promesse de fermer Guantanamo et « effacer ainsi la souillure que représente ce camp dans l'histoire des Etats-Unis ».

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