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Russie / Vatican

Moscou et le Vatican se rapprochent

Le président russe Dmitri Medvedev (G) et le Pape Benoît XVI au Vatican, le 3 décembre 2009.
Le président russe Dmitri Medvedev (G) et le Pape Benoît XVI au Vatican, le 3 décembre 2009. Reuters/Giuseppe Giglia
Texte par : RFI Suivre
3 min

Le Vatican et la Russie vont établir de pleines relations diplomatiques : il y aura bientôt un nonce à Moscou et un ambassadeur russe au Vatican. C'est la décision annoncée jeudi 3 décembre après la première rencontre, à Rome, entre le président Medvedev et le pape Benoît XVI.

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Avec notre correspondante à Moscou, Madeleine Leroyer

Les mots sont importants : il s’agit d’élever les relations diplomatiques entre les deux Etats au rang de nonciature et d’ambassade. C’est inédit, il n’y jamais eu de véritable ambassadeur. Jusqu’ici, quand ils évoquaient les relations entre la Russie et le Vatican, les diplomates se réfugiaient derrière l’adjectif « spécial »… ; dorénavant, ce sera « complet et normal ». Le Vatican se félicite déjà de « relations cordiales » entre les deux Etats.

Jeudi 3 décembre, Dmitri Medvedev et Benoît XVI ont fait assaut d’amabilités et rivalisé de générosité dans l’échange de leurs cadeau. Aucun doute, un des artisans de ce rapprochement c’est le patriarche Cyrille qui a pris la tête de l’Eglise orthodoxe russe il y a moins d’un an. Pendant plus de 20 ans, il a dirigé les relations extérieures du patriarcat ; c’est lui qui a noué les premiers contacts avec le Vatican, ce qui lui a d’ailleurs valu de nombreuses critiques en Russie.

Mais attention, Cyrille n’est pas le suppôt de Rome. Il a régulièrement accusé l’Eglise catholique de prosélytisme en Russie : dernier grand scandale en 2002 – 2003, avec l’expulsion de Russie de 5 prêtres catholiques, dont un évêque. Cela fait des années qu’on parle d’une rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou. C’est plus que jamais envisageable, à condition que personne ne fasse de faux pas, ni d’un côté ni de l’autre.

Avec notre correspondant au Vatican, Antoine-Marie Izoard

Venu pour la première fois au Vatican, Dmitri Medvedev s’est entretenu près d’une demi-heure, en privé, avec Benoît XVI. Lors des entretiens qu’il a eus avec le pape, ainsi qu’avec ses plus proches collaborateurs, le cardinal Bertone et Mgr Mamberti, le président russe a officiellement parlé de « la situation politique et économique internationale », « des défis actuels de la sécurité et de la paix », mais aussi de « la contribution des croyants à la vie de la Russie »…

Mais cette visite a surtout été l’occasion pour la Fédération de Russie et le Saint-Siège d’annoncer leur souhait d’établir « des relations diplomatiques pleines ». Ainsi, les deux parties devraient prochainement élever leurs représentations diplomatiques - jusque-là considérées de nature « spéciale » - au niveau d’ambassade et de nonciature. Un changement, confie le Vatican, qui devrait intervenir d’ici à la fin de l’année.

Les rapports entre le Vatican et Moscou sont aussi le baromètre de ceux entre l’Eglise catholique et le Patriarcat orthodoxe russe. Cette décision diplomatique est peut-être le signe que les temps ont changé et que l’on se rapproche d’une rencontre entre Benoît XVI et le patriarche Cyrille.
 

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