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Philippines

Massacre de Mindanao : Arroyo décrète la loi martiale

Des militaires contrôlent un camion à  Amputuan, dans l’Etat de Maguindanano, le 5 décembre 2009.
Des militaires contrôlent un camion à Amputuan, dans l’Etat de Maguindanano, le 5 décembre 2009. Reuters/Erik de Castro
Texte par : RFI Suivre
2 min

La loi martiale a été décrétée dans la Province de Maguindanao, dans le sud des Philippines, là où 57 personnes ont été massacrées le 23 novembre sur fond de rivalités politiques et claniques à l'approche des élections. En décrétant la loi martiale pour la première fois depuis 37 ans, la présidente Gloria Arroyo a permis l'arrestation du tout-puissant gouverneur de la province, Andal Ampatuan, accusé d'être impliqué dans cette tuerie.

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Avec notre correspondant à Manille, Sébastien Farcis

Le réel objectif de la présidente semble avoir été de décapiter ce clan des Ampatuan, qui tient toute la province de Maguindanao. Et c’est ce que lui a permis la déclaration de la loi martiale, de manière expéditive. Car celle-ci suspend la charte des libertés envers toutes les personnes qui sont soupçonnées de rébellion contre l’Etat.

Concrètement, cela a permis à l’armée d’arrêter huit élus provinciaux et régionaux, dont le gouverneur de la région de l’ouest de Mindanao, qui n’est autre que le patriarche du clan Ampatuan. Leurs droits ne sont pas complètement abolis cependant, car le ministère de la Justice a l’obligation d’inculper les personnes arrêtées dans les trois jours. Faute de quoi il devra les relâcher.

Selon l’armée, cette loi martiale a permis de contenir également une rébellion de plusieurs centaines de partisans armés des Ampatuan, qui étaient prêts à passer à l’attaque pour les défendre.

Cet état d’exception a une durée maximale de soixante jours. Mais sa légalité est déjà largement contestée, et, selon la loi, le Congrès doit encore l’approuver dans les 24 heures pour qu’il soit valide.

Ce qui est sûr, c’est que la présidente Arroyo a levé un tabou aux Philippines : la loi martiale n’avait jamais été déclarée depuis 1972. C’était alors Ferdinand Marcos qui l’avait imposée dans tout le pays, commençant ainsi une dictature qui a duré 14 ans.

La présidence craint une rébellion

Un porte-parole de la présidente Gloria Arroyo a affirmé que cette mesure avait été prise en raison des craintes d'une rébellion de la part de miliciens favorable au clan soupçonné du massacre du 23 novembre dernier. 57 personnes avaient alors été tuées. Elles appartenaient à une famille rivale dont le chef de file entendait se présenter aux prochaines élections provinciales.

Vendredi soir, les forces spéciales ont interpellé Andal Ampatuan Senior, un puissant notable local et l'un de ses fils, gouverneur de la province musulmane autonome de Mindanao. Au lendemain du massacre, un autre fils de ce notable avait été arrêté et inculpé pour 25 chefs d'accusation.

Vendredi, la police a découvert une cache d'arme dans la propriété de la famille Ampatuan. L'arsenal aurait permis, selon un responsable des services de sécurité, d'armer au moins 500 hommes. Selon la loi philippine, la loi martiale qui prévoit entre autres l'instauration d'un couvre feu ne peut être imposée que pour une durée maximale de deux mois.

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