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Sommet de Copenhague

L’Afrique a aussi son mot à dire

Le délégué canadien (à gauche) à coté de représentants camerounais lors de l'ouverture du Sommet de Copenhague.
Le délégué canadien (à gauche) à coté de représentants camerounais lors de l'ouverture du Sommet de Copenhague. Reuters/Bob Strong
Texte par : RFI Suivre
4 min

Les Etats africains ont décidé de faire front commun lors des négociations sur le réchauffement climatique qui se tiennent dans la capitale danoise. Les gouvernements africains affirment que ce sont les pays industriels du Nord qui sont les responsables de ce problème environnemental et demandent ainsi des compensations financières.

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Les responsables du continent africain – le continent le moins pollueur mais le plus affecté par le changement climatique - répètent qu'ils ne signeront pas n'importe quoi. Les négociations qui démarrent à Copenhague sont cruciales pour le continent africain et ses habitants sont particulièrement vulnérables au réchauffement climatique.

Même si l’urgence n’est pas la même pour les pays pauvres du Sahel ou pour les Etats forestiers d’Afrique centrale, tous ont décidé de parler d’une seule voix pour exiger un engagement fort de la part des pays du Nord historiquement responsables du réchauffement. Un engagement fort – à la fois en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 25 à 40% - mais aussi et surtout en termes d’aide financière et technologique, une aide qui devrait être additionnelle à l’aide au développement pour permettre aux pays les plus vulnérables de s’adapter au réchauffement climatique.

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, qui dirige la délégation africaine à Copenhague, a prévenu que l’Afrique quitterait la table des négociations si les compensations financières pour lutter contre les conséquences du réchauffement climatique n’étaient pas à la hauteur. Ce sera là un des enjeux de cette négociation. L’Afrique est décidée à faire entendre sa voix.

En ouverture, lundi matin, un court film-catastrophe a été projeté aux 1 200 délégués, un film exposant les conséquences d'un réchauffement de la planète non maîtrisé. Une fillette profondément endormie dans un lit douillet s'éveille au milieu d'un désert au sol craquelé, avant d'être rattrapée par des vagues déchaînées. Apparaissent ensuite l'ancien archevêque sud-africain du Cap, Mgr Desmond Tutu, et le secrétaire-général des Nations unies Ban Ki-moon pour appeler à la conclusion d'un accord ambitieux qui permettrait d'échapper à de telles perspectives.

Alors que s'ouvrait à Copenhague la conférence sur le climat, l'Afrique du Sud a proposé, ce lundi, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42% d'ici 2025, à condition que les pays émergents reçoivent une aide pour le développement des énergies propres. Jacob Zuma, le président sud-africain, a prévu de se rendre à Copenhague les 17 et 18 décembre, derniers jours de cette conférence des Nations unies.

La République démocratique du Congo, elle, attend des « pays riches pollueurs » une « compensation » financière à l'issue du sommet de Copenhague, pour sa contribution à la réduction des gaz à effet de serre, a affirmé lundi son président Joseph Kabila. L'Afrique est donc décidée à faire entendre sa voix lors de ce sommet, car plusieurs pays du continent souffrent déjà au quotidien du réchauffement climatique.

Selon le ministre centrafricain de l'Environnement François Naoueyama, « l’Afrique attend beaucoup de Copenhague », tout en soulignant que le bassin du Congo est « le deuxième poumon forestier du monde, après le massif de l’Amazonie » et qu’il faut donc « des mesures compensatoires pour amener les gens à cesser d’agresser les forêts ». Il a conclu que « la lutte à mener ne devra pas être une lutte Sud-Nord, ou Nord-Sud. C’est une lutte commune ».

Pour Laurence Tubiana, fondatrice de l’Institut du développement durable et des relations Internationales (Iddri) et membre de la délégation française à Copenhague, l'Afrique a son mot à dire, d'autant qu'elle a bien l'intention de s'organiser pour se faire entendre. Elle a ainsi souligné que « la première exigence des Africains c’est que les pays développés – notamment ceux qui émettent des gaz à effet de serre – réduisent leurs émissions, parce que l’impact du changement climatique est évidemment plus violent en Afrique qu’ailleurs ».

L'impact du changement climatique il est bien évidemment plus violent en Afrique : au sud du Sahara ou en Afrique en général, qu’ailleurs.

Laurence Tubiana

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