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Revue de presse des Amériques

Le pardon du Pérou aux descendants d’esclaves africains

Texte par : Sylvain Biville
5 min

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La presse péruvienne fait ses gros titres sur le pardon officiel aux Péruviens d’origine africaine. Une cérémonie solennelle a eu lieu lundi au Palais présidentiel à Lima. Devant un parterre d’Afropéruviens, le président Alan Garcia a officiellement présenté les excuses de l’Etat pour des siècles de discrimination, rapporte le quotidien Expreso.

El Comercio reprend en une la supplique du chef de l’Etat : « Aidez-moi à lutter contre l’exclusion et le racisme », a demandé Alan Garcia à ses interlocuteurs.
L’histoire de la communauté noire du Pérou remonte au XVIe siècle, à l’époque de l’esclavage, lorsque, comme l’a rappelé le président hier, « des enfants, des femmes et des hommes ont été capturés dans les plaines d’Angola, du Congo et de Guinée, et emmenés par bateau » dans les colonies espagnoles d’Amérique.

Abolition de l’esclavage pour des raisons tactiques

L’esclavage a été officiellement aboli en 1854 au Pérou, mais, comme le rappelle, aux Etats-Unis, la chaîne de télévision hispanophone Univision, c’était alors une tactique du militaire Ramon Castilla pour s’attirer les faveurs des Noirs et écarter un rival.
La Constitution péruvienne interdit toute discrimination basée sur l’origine, la race, le sexe, la langue, la religion ou l’opinion, mais ce principe est aujourd’hui encore bafoué, constate La Republica, à Lima, qui appelle ses lecteurs à « reconnaître l’apport afropéruvien » à la culture nationale.
Ce geste officiel est important, mais il est insuffisant parce qu’il n’est pas accompagné de mesures concrètes pour mettre fin à la discrimination à l’embauche, ou encore dans l’accès à l’université, déplore un militant cité par Univision. Il n’existe pas de chiffres précis, mais on estime à 10% le nombre de Péruviens d’origine africaine.

Aux Etats-Unis, le changement climatique fait débat 

L’agence de protection de l’environnement a formellement reconnu lundi que les gaz à effet de serre représentaient une menace pour la santé. Cela semble anodin à première vue, mais c’est une décision très lourde de conséquence puisque, comme l’explique le New York Times, elle donne à cette agence fédérale le pouvoir de réguler ces émissions. Accessoirement, ajoute le journal, cela donne aussi à Barack Obama un levier important si le Congrès ne réussit pas à faire adopter une loi pour réduire les émissions américaines.
Le Los Angeles Times n’hésite pas à parler de « décision historique ». C’est même, selon le journal « l’action la plus significative jamais prise par le gouvernement fédéral pour s’attaquer au réchauffement climatique ». « Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ?», s’interroge le quotidien californien pour une décision qui ne fait que reconnaître un consensus mondial et par laquelle l’agence de protection de l’environnement ne fait que se mettre en conformité avec la loi.

« Décision historique »

« Cela devrait légèrement faciliter la mission de Barack Obama à Copenhague la semaine prochaine » se félicite le Washington Post, qui estime cependant que ce ne sera pas suffisant pour garantir la réussite du sommet.
Tous les journaux ne sont pas aussi enthousiastes. Le Wall Street Journal est d’accord pour parler d’une « décision historique » de l’agence de protection de l’environnement. Mais il est loin de s’en réjouir. Le quotidien financier parle au contraire d’un geste « cynique et obstiné » et même d’« ultimatum politique » de la part de Barack Obama.

« Choix anti-démocratique »

Alors que le projet de loi sur le climat s’enlise au Congrès, « la Maison Blanche a choisi d’imposer des taxes et des réglementations à l’ensemble de l’économie », écrit le Wall Street Journal, qui ajoute qu’en « activant cette machine fatale, Barack Obama espère réaliser ce qu’il n’a pas réussi à faire par la persuasion et par le débat au sein de son propre parti. »
Conclusion radicale du journal : la décision de l’agence de protection de l’environnement est « anti-démocratique » et pénalisera les entreprises. Le titre de l’éditorial du Wall Street Journal, « An inconvenient democracy », (que l’on pourrait traduire par « une démocratie qui dérange ») est d’ailleurs une allusion au documentaire d’Al Gore sur les méfaits du réchauffement climatique « An Unconvenient Truth » (une vérité qui dérange).

La revanche des moteurs à essence sur les voitures électriques

Les Etats-Unis ne sont décidément pas encore véritablement convertis à l’écologie. Illustration avec un reportage de USA Today sur le salon de l’auto de Los Angeles, où l’on apprend que les moteurs à essence sont en train de prendre leur revanche et d’éclipser en douce les voitures électriques.
« La voiture verte est surtout pour les fabricants d’automobiles un outil de marketing pour faire du battage publicitaire, constate le quotidien. Mais le pilier de l’industrie automobile pour les années à venir reste le même bon vieux moteur à combustion qui fait rouler les voitures depuis plus d’un siècle. »

L’Amérique sur le divan

Le Washington Post se penche d’ailleurs sur ce paradoxe : la plupart des Américains sont conscients des dégâts du changement climatique mais ne font rien pour y remédier. Pour le comprendre, il faudrait même tout le pays sur un canapé, lance le journal. L’explication a un nom scientifique : c’est la « distance psychologique », c’est-à-dire l’idée que cette question, c’est pour les autres.
Le problème avec le changement climatique, c’est qu’il n’y a pas de méchant clairement identifié ni de solution facile. D’où ce comportement irrationnel de l’immense majorité des Américains qui ont choisi, grosso modo, de l’ignorer, conclut le Washington Post.

Le remariage du président haïtien René Préval

René Préval s’est marié dimanche. Remarié, pour être plus précis, puisque le président haïtien, 66 ans est déjà deux fois divorcé, comme le précise Le Nouvelliste. L’heureuse élue n’est autre que la conseillère économique du président, Elisabeth Debrosse, ex-épouse d’un ancien ministre de l’Economie, ajoute le journal.
La cérémonie a eu lieu dimanche matin dans la plus stricte intimité et les deux jeunes mariés se sont offert 48h de voyage de noce. Avant René Préval, deux autres présidents haïtiens se sont déjà mariés dans l’exercice de leurs fonctions, indique Radio Kiskeya : Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide. Mais pour ces deux-là, pas question d’intimité : les noces avaient été retransmises en direct à la télévision.

 

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