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Chili / Présidentielle

Le milliardaire de droite prend une sérieuse option sur la présidence

Le candidat de centre-droit Sebastian Pinera célèbre sa victoire au premier tour de la présidentielle, à Santiago, le 13 décembre 2009.
Le candidat de centre-droit Sebastian Pinera célèbre sa victoire au premier tour de la présidentielle, à Santiago, le 13 décembre 2009. REUTERS/Ivan Alvarado

Le candidat de centre droit Sebastian Pinera arrive en tête du premier tour de la présidentielle au Chili. Il sera opposé le 17 janvier prochain à l’ancien chef de l’Etat, le chrétien-démocrate, Eduardo Frei. L’outsider Marco Enriquez-Ominami arrive en troisième position et s’impose comme arbitre. Le report des voix du jeune candidat indépendant s’annonce décisif.

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A l’heure où la gauche domine en Amérique latine, le Chili pourrait bien basculer à droite le 17 janvier prochain. Sebastian Pinera a remporté le premier tour de l’élection présidentielle dimanche 13 décembre et il entend bien ramener la droite au pouvoir 20 ans après la fin de la  dictature du Général Pinochet.

« C’est un triomphe en faveur du changement, de l’avenir et de l’espoir », a lancé Sebastian Pinera à ses partisans dimanche soir. L’entrepreneur millionnaire a remporté la première manche. Avec 44% des voix, il arrive en tête du premier tour de la présidentielle chilienne. Il sera opposé le 17 janvier prochain à l’ex-président Eduardo Frei, candidat de la Concertacion, coalition de centre-gauche au pouvoir depuis 20 ans. Si le candidat conservateur (coalition pour le changement) transforme l’essai, le Chili entamera son premier virage à droite depuis la fin de la dictature.

Dimanche, les Chiliens votaient également pour renouveler leur Parlement bicaméral. Le scrutin n’a pas dégagé de majorité absolue mais il a vu le retour à l’Assemblée de 3 députés communistes, après 36 années d’absence.

Un duel de « dinosaures » ?

Concernant la présidentielle, le jeu reste assez ouvert. L’outsider Marco Enriquez Ominami a joué les troublions au premier tour et s’impose comme arbitre du second. Ce jeune candidat indépendant, ex-député socialiste a obtenu 20% des suffrages, tout dépendra du report de ces voix. Ancien producteur de cinéma, Marco Enriquez Ominami a attiré dimanche le vote des déçus des partis traditionnels, son électorat mord à droite comme à gauche. Tout au long de la campagne, il a traité ses rivaux de « dinosaures (…) qui ont opéré un kidnapping sur la démocratie chilienne ».

« Nous partageons l’analyse de Marco (Enriquez Ominami) et de ses électeurs : la Concertacion est finie », renchérit le candidat de droite, Sebastian Pinera, bien décidé à convaincre les indécis.

Eduardo Frei lui se dit « calme et optimiste ». A 67 ans, l’ancien chef de l’Etat a bien tenté ces derniers mois de surfer sur la popularité de la présidente sortante, Michelle Bachelet, sans succès. Des querelles intestines au sein de la coalition de centre-gauche, un chômage en flèche et une candidature sans charisme ont tempéré l’enthousiasme des électeurs. Cécilia Baeza, chercheur au CERI ajoute que « les Chiliens ont exprimé dimanche leur lassitude vis-à-vis de la coalition qui gouverne depuis la fin de la dictature. 20 années de pouvoir, ça use ».

Une rupture plus symbolique que politique
 

Les Chiliens ont rejeté d'abord et avant tout l'usure de la coalition.

Cecilia Baeza, chercheur au CERI

Sebastian Pinera sent son heure venue. Cet énergique sexagénaire, rival malheureux de Michelle Bachelet il y a 4 ans, est considéré comme un des hommes les plus riches du Chili. Le candidat de la droite veut créer un million d’emplois et d’obtenir un taux de croissance de 6% par le biais d’avantages fiscaux et d’une réforme du droit du travail. Mais Sebastian Pinera a aussi promis de maintenir les filets sociaux mis en place par Michelle Bachelet. « Il n’a pas le choix », analyse Cécilia Baeza. Pour la politologue, l’arrivée au pouvoir de Sebastian Pinera, si elle se confirme, ne devrait pas se traduire par une inflexion notable de la politique chilienne. « Il y aura sans doute des privatisations mais la rupture sera plus symbolique que politique », analyse-t-elle.

« Le Berlusconi chilien »

Les détracteurs du candidat de droite pressentent déjà des conflits d’intérêts si l’homme d’affaires arrive à la magistrature suprême. Ils accusent Sebastian Pinera de vouloir gérer le Chili comme un chef d’entreprise motivé uniquement par l’appât du gain. L’entrepreneur à succès a fait fortune dans la monétique en introduisant les cartes bancaires dans le pays. Ses affaires se sont étendues à l’immobilier, la pharmacie, les médias. En millionnaire avisé, il sait que s’il veut gagner le fauteuil présidentiel il lui faudra jouer sur plusieurs tableaux.

Sebastian Pinera travaille son étiquette de droite moderne : « oui » à l’ordre, à la sécurité. En privé, il a même promis aux militaires de ne pas laisser s’éterniser les procès de la dictature d’Augusto Pinochet. Dans le même temps, Sebastian Pinera assure qu’il ne touchera pas aux acquis sociaux et qu’il est favorable à la présence d’homosexuels au gouvernement ou dans l’armée. Ces positions ont heurté la droite conservatrice et représentent une petite révolution dans un pays catholique, où l’Eglise conserve beaucoup de pouvoir.

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