Accéder au contenu principal
Réchauffement climatique

En Bolivie, le lac Titicaca est menacé par l’assèchement

Titicaca, le lac mineur.
Titicaca, le lac mineur. Aida Palau/RFI
Texte par : Aida Palau
2 mn

Il s'agit du lac navigable le plus haut du monde : au cours des dix dernières années, le lac Titicaca, à 3 800 mètres d’altitude entre le Pérou et la Bolivie, et concrètement la partie connue comme le lac mineur, connaît un assèchement remarquable. Quelque 5 000 hectares de surface d’eau ont disparu, plongeant la région de l’Altiplano bolivien autour de Pajchiri dans une situation de détresse. 

Publicité

Le phénomène s’est accentué depuis le début de novembre, avec une baisse de 80 centimètres du niveau de l’eau, le niveau du lac n’est plus qu’à 30 cm de la cote d’alerte à partir de laquelle des restrictions à la consommation doivent être appliquées. Victimes en temps normal d’une extrême pauvreté, les habitants de cette région voient une de leurs rares ressources, la pêche, leur échapper. Hernan Limachi Mendoza, âgé de 29 ans, a de plus en plus de mal pour nourrir sa femme et ses quatre enfants. Il regrette les temps où la pêche était abondante et doit aujourd’hui se débrouiller avec trois vaches qui survivent péniblement dans une terre très aride.

Hernan et sa famille à Pajchiri.
Hernan et sa famille à Pajchiri. Aida Palau/RFI

Pour faire face à la situation, les habitants se sont organisés en une association. Ils ont obtenu le soutien de la Haute autorité binationale du Pérou et la Bolivie pour développer des projets alternatifs. L’ingénieur de la Haute autorité du lac Titicaca, Sergio Nao, constate en effet que « le climat s’est affolé » et qu’il est devenu impossible de prévoir son évolution. Plusieurs espèces de poisson, qui abondaient dans le lac, ont déjà disparu. Et, pour freiner l’émigration des habitants, ils ont monté un projet agricole.

La sècheresse et la pollution ont produit dans le lac une lentille d’eau qui tue la vie aquatique mais qui s’avère intéressante pour produire une sorte de fumier. Avec l’aide de la Haute autorité, les habitants construisent des « tentes en plastique », une sorte de serre sous laquelle, grâce à ce fumier, ils peuvent planter des pommes de terre. Le projet constitue un grand espoir pour les habitants qui, petit à petit, acquièrent les connaissances indispensables pour mener à bien ce projet.

L'ingénieur Sergio Nao sous une tente.
L'ingénieur Sergio Nao sous une tente. Aida Palau/RFI

Menacé par les changements climatiques et par la pollution générée par la ville d’El Alto dans cette région où l’oxygène est rare, le lac Titicaca n’en reste pas moins menacé. Il y en a qui prédisent à terme sa disparition, d’autres redoutent que l’assèchement finisse par briser son unité. En attendant, les riverains apprennent à moins dépendre de lui.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.