Accéder au contenu principal
France

Le revenu des agriculteurs plonge

Des agriculteurs français manifestent à Laval (ouest) contre la chute des prix du lait, le 2 juin 2009.
Des agriculteurs français manifestent à Laval (ouest) contre la chute des prix du lait, le 2 juin 2009. AFP/Jean-François Monier

En 2009, le revenu des agriculteurs français a chuté de plus d’un tiers. Les plus touchés sont les producteurs de lait et de fruits et légumes. Cette baisse s’explique par la diminution des prix des produits agricoles. Les agriculteurs demandent une régulation du marché au niveau européen.

Publicité

Céréales, bovins, lait, fruits et légumes…..Toutes les filières agricoles sont concernées. Les revenus des agriculteurs français ont chuté de 34% en 2009, selon l’Institut national des statistiques (Insee). Une nouvelle baisse après celle de 20% en 2008. Les plus touchés sont les producteurs laitiers. Leurs revenus s’effondrent de 54% par rapport à l’an dernier. En septembre dernier, la baisse des prix du lait avait poussé des milliers d’éleveurs à manifester en jetant le lait dans les champs plutôt que de le livrer aux laiteries.

La deuxième production la plus touchée est la filière des fruits et légumes avec une chute de 53%. Viennent ensuite les céréaliers (moins 51%) et les maraîchers (moins 34%). En 2009, le revenu annuel moyen des agriculteurs devrait se situer à 14 500 euros contre 28 500 euros en 2007. Résultat, le revenu net de chaque chef d’exploitation, qui avait progressé ces dernières années, replonge à son niveau de 1990.

La volatilité des prix agricoles

La baisse des prix agricoles explique en grande partie cette chute des revenus, comme l’indique Angélique Delahaye, présidente des producteurs de fruits et légumes de France : « Cette situation est due à une forte baisse des prix payés aux producteurs ajoutée aux charges salariales qui ont, elles aussi, continué à augmenter. Sans compter l’augmentation des importations en provenance des pays méditerranéens ». De quoi mettre la pression sur le gouvernement français qui a lancé un plan de soutien au secteur agricole d’un montant d’1,65 milliard d’euros. Pour garantir au mieux la stabilité des prix, les agriculteurs demandent surtout « une régulation des marchés agricoles au niveau européen ».

Car si les prix des céréales, des productions animales, des fruits et légumes, se sont effondrés en 2009, les spécialistes rappellent que le revenu des céréaliers avait plus que doublé en 2007 suite à la flambée des matières premières. Le blé avait ainsi atteint un pic de 300 euros la tonne avant de retomber à 120 euros l’an dernier. La FNSEA, le principal syndicat agricole français, pointe du doigt « la volatilité des cours » et « son impact sur le revenu des agriculteurs ». Une opinion partagée par le ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire qui dénonce « des variations de prix insupportables ».

Un « appel de Paris » pour une « PAC forte »

C’est pourquoi la France a pris depuis quelques mois la tête d’un mouvement en faveur d’une nouvelle régulation des marchés agricoles au sein de l’Union européenne (UE), alors que la politique agricole commune (PAC) subit un mouvement inverse de dérégulation (abandon des quotas laitiers ou de l'intervention qui permettait d'acheter les excédents agricoles et de les stocker). Avec 53% des fonds communautaires, dont 37% au titre des aides directes et des soutiens aux agriculteurs, la PAC est le premier poste du budget de l’UE.

En 2008, la France en est demeurée la première bénéficiaire avec pas moins de 10 milliards d'euros d’aides, devant l'Espagne (7 milliards) et l'Allemagne (un peu plus de 6,5 milliards). Mais certains pays, comme la Grande-Bretagne et le Danemark, ne veulent plus entendre parler d’une agriculture pesant aussi lourd dans le budget communautaire. Au contraire, d’autres pays écartent toute idée d’une PAC « bradée ». Dans une déclaration commune baptisée « Appel de Paris », vingt-deux ministres européens de l’Agriculture, dont la France, ont appelé à « une PAC forte ».
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.