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Cambodge

Deux ex-dirigeants des Khmers rouges inculpés de génocide

L'ex-ministre des Affaires étrangères du régime de Pol Pot, Ieng Sary (à droite), le 2 avril 2009.
L'ex-ministre des Affaires étrangères du régime de Pol Pot, Ieng Sary (à droite), le 2 avril 2009. AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ieng Sary, ex-ministre des Affaires étrangères et Nuon Chea, ancien numéro deux et idéologue du régime de Pol Pot, ont été inculpés ce 16 décembre 2009 de génocide à l’encontre des Vietnamiens et de la minorité musulmane des Chams. Une première pour le tribunal cambodgien parrainé par les Nations unies.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

Il aura fallu deux ans d’enquête au juge d’instruction avant d’inculper de génocide Ieng Sary, 84 ans, et l’ancien bras droit de Pol Pot, Nuon Chea, 83 ans. Jusqu’ici, les deux hommes étaient poursuivis pour crimes contre l’humanité et violation grave des conventions de Genève. La qualification de génocide est retenue pour le cas des Vietnamiens et des Chams, une population cambodgienne de religion musulmane ayant sa propre langue.

A Phnom Penh, la nouvelle ne semble pas surprendre. L’avocat cambodgien de Ieng Sary a déclaré que son équipe s’opposerait à ces nouvelles charges. Un des arguments récurrents de la défense consiste à expliquer que ces populations étaient ciblées en tant qu’ennemies politiques.

Du côté des parties civiles, Olivier Bahougne, qui représente près de 250 Chams, considère que l’inculpation de génocide était un minimum. Il rappelle que ses clients, stigmatisés par les Khmers rouges, ont dû changer leur nom, abandonner leurs pratiques religieuses et leur langue.

La surprise, c’est plutôt que Khieu Samphan, ancien président du Kampuchéa démocratique, ne soit pas poursuivi pour les mêmes faits. Les juges d’instruction ont prévu de le rencontrer d’ici le début de la semaine prochaine, ainsi que Ieng Thirith, ancienne ministre des Affaires sociales Khmer rouge, peut-être pour une inculpation de génocide.

« On ne voyait pas avant comment parler d’un génocide commis par des dirigeants Cambodgiens contre des Cambodgiens, sans critères raciaux, religieux ou ethniques. »

Hisham Mousar, chef de projet à l’Université royale de Droit et des Sciences économiques de Phnom Penh

« Il y a un problème fondamental dans la définition même du génocide qui liste un certains nombres de critères : raciaux, religieux, etc. Et on ne voyait pas avant comment on pouvait parler de génocide commis par des dirigeants cambodgiens contre des Cambodgiens, sans critères raciaux, religieux ou ethniques.

La clique de Pol Pot était composée de Khmers. Une bonne partie d’entre eux avait été élevée dans des pagodes, donc on ne pouvait pas les accuser d’avoir commis un génocide, juridiquement parlant.

Les victimes, elles, ne comprennent pas pourquoi on ne leur reconnaît pas le statut de victime de génocide. La notion de crime contre l’humanité se fond dans une espèce de généralité qui ne convient pas aux victimes, même si les peines associées sont similaires. Ce sont les parties civiles qui ont obtenu la reconnaissance de la qualification de crime de génocide devant le tribunal. Avec pour commencer, les musulmans de l’ethnie Chams et les Vietnamiens. »
 

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