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Serbie / Europe

La levée des visas suscite l'enthousiasme des Serbes, Macédoniens et Monténégrins

Le vice-Premier ministre serbe, Bozidar Djelic (c) et le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn (d) tenant le drapeau de la Serbie,  au milieu d'un groupe de citoyens serbes, à Bruxelles, le 19 décembre 2009.
Le vice-Premier ministre serbe, Bozidar Djelic (c) et le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn (d) tenant le drapeau de la Serbie, au milieu d'un groupe de citoyens serbes, à Bruxelles, le 19 décembre 2009. REUTERS/Sebastien Pirlet

La Serbie a décidé de déposer sa candidature à l'Union européenne, a annoncé samedi 19 décembre le Premier ministre serbe Mirko Cvetkovic, le jour même où 50 citoyens serbes ont pu, pour la première fois, circuler sans visa dans l'espace de Schengen. La Serbie, la Macédoine et le Monténégro ont célébré dans la nuit de vendredi à samedi la levée de l'obligation de visas pour leurs citoyens se rendant en Europe comme un retour des pays des Balkans au sein de la « famille européenne ».

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De notre correspondant à Belgrade 

Samedi matin, à 0H01, un avion un peu spécial a décollé de l’aéroport de Belgrade en direction de Bruxelles. A son bord, 50 citoyens serbes, qui ont été les premiers à se rendre sans visa dans un pays de l’Union européenne. En effet, la levée du régime des visas est effective depuis samedi pour les citoyens de trois pays des Balkans : la Serbie, la Macédoine et le Monténégro.

Cette mesure, attendue depuis des mois, suscite joie et enthousiasme. « C’est le premier geste concret de l’Europe en notre faveur », estime Vera, une étudiante de Belgrade, pour qui la perspective de l’intégration européenne demeure encore lointaine et incertaine. Elle s’apprête à aller rendre visite, pour la première fois, à sa sœur, qui a émigré en Grande-Bretagne il y a dix ans.

Depuis plus de vingt ans, les citoyens se heurtaient en effet à un véritable « mur des visas », censé bloquer l’émigration, mais qui restreignait aussi la mobilité des étudiants, des scientifiques ou des entrepreneurs. La Bulgarie – membre de l’UE depuis 2007 mais pas de l’espace Schengen – a aussi décidé d’abolir les visas pour les ressortissants des pays concernés.

Pour bénéficier de la mesure, ces pays ont dû respecter une stricte « feuille de route » élaborée par Bruxelles : établissement d’un passeport biométrique, modernisation des contrôles aux frontières, signatures de convention de réadmission et création de centres de rétention pour les clandestins issus de pays tiers transitant par les Balkans, devenus une importante voie d’accès à l’Europe, notamment pour les personnes originaires du Proche et du Moyen Orient.

À la veille du grand jour, la compagnie aérienne serbe, la JAT, a offert des billets à 19 euros pour rejoindre les grandes villes européennes qu’elle dessert, et beaucoup de jeunes envisagent de profiter des fêtes de fin d’année pour voyager enfin librement en Europe. D’après de récentes enquêtes, seuls 8% des jeunes Serbes ont déjà eu l’occasion de se rendre à l’étranger, le pourcentage étant encore plus faible en Macédoine.

Amertume des « exclus » de la libéralisation des visas

À la joie de la Serbie, de la Macédoine et du Monténégro répond cependant l’amertume des « exclus » de la libéralisation des visas, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. Officiellement, ces pays n’avaient pas rempli les conditions fixées par Bruxelles et l’on considère toujours qu’ils présentent un risque migratoire sérieux, surtout le Kosovo. Pour les citoyens de ces pays, la décision européenne représente toutefois une nouvelle forme de « discrimination ». A Sarajevo, les autorités religieuses évoquent même un « refus de l’Europe de s’ouvrir à des pays majoritairement musulmans ».

Cependant, beaucoup de citoyens du Kosovo, qui a proclamé en février 2008 une indépendance non reconnue par Belgrade, essayent déjà de se procurer des passeports serbes pour pouvoir voyager librement en Europe. Dans un premier temps, la Commission européenne avait pensé exclure de la levée des visas les personnes domiciliées au Kosovo, mais cette mesure risquait d’être inapplicable.

Les ressortissants du Kosovo devront uniquement présenter un passeport biométrique, c’est-à-dire récemment délivré. Les Serbes du Kosovo s’empressent donc de se faire établir de nouveaux passeports, tandis que les Albanais ont recours à des filières clandestines pour se procurer le précieux sésame. « Cela ne me fait pas plaisir de devoir demander un passeport serbe, explique un commerçant de Pristina. Et je l’attends toujours, alors que j’ai déjà versé 500 euros à un intermédiaire ». Le trafic de passeports serbes, resté florissant au Kosovo, risque fort de connaître un nouveau boom.

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