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IRAN

Les obsèques de l'ayatollah Montazeri tournent à la manifestation

Des opposants au régime manifestent avec des foulards ou bracelets verts, pendant les funérailles du Grand ayatollah Montazeri, à Qom, le 21 décembre 2009.
Des opposants au régime manifestent avec des foulards ou bracelets verts, pendant les funérailles du Grand ayatollah Montazeri, à Qom, le 21 décembre 2009. Reuters/via your View
Texte par : Toufik Benaichouche
3 min

Le Grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a été inhumé lundi 21 décembre à Qom, au sud de Téhéran, en présence d'une foule immense lors de funérailles qui ont pris l'allure d'une manifestation contre le pouvoir iranien. Des funérailles qui ont été également émaillées d'incidents.

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Des milliers de personnes venant d'Ispahan, de Najafabad, d'où était originaire l'ayatollah Montazeri, ou de Shiraz, se sont rendus à Qom pour les funérailles. Le Guide suprême Ali Khamenei, son adversaire déclaré, a rendu hommage à un « théologien accompli » ayant « consacré une large part de sa vie à l'imam Khomeini ». Il aussi demandé la « miséricorde divine » pour « l'épreuve difficile » vécue par le religieux, une allusion à ses divergences avec le régime.

Les membres de l'opposition, indentifiables aux foulards ou aux bracelets verts qu'ils arboraient (le vert étant la couleur de l'opposition), criaient : « Innocent Montazeri, ton oeuvre sera poursuivie même si le dictateur fait pleuvoir les balles sur nous ».

Pour leur part, des centaines de bassidjis - les miliciens du régime islamique - ont arraché les traditionnelles bannières de deuil dont la maison du défunt était ornée, a rapporté le site réformateur Rahesabz.

Durant les funérailles, toujours selon le site Rahesabz, d'autres incidents avaient déjà opposé la foule venue rendre hommage à l'ayatollah disparu et des miliciens qui tentaient d'étouffer les slogans hostiles au pouvoir avec des haut-parleurs.

Une figure emblématique de l'opposition réformiste

Théologien et juriste respecté, l'ayatollah Montazeri a été l'un des théoriciens de la Révolution islamique de 1979. Proche de l'imam Khomeiny dont il avait été l'élève, il fut son dauphin officiel pendant plusieurs années, avant que ses dénonciations des excès du régime n'aboutissent à son éviction en 1989 et à un exil forcé à Qom, où il enseignait depuis la théologie. Il a passé de longues années en liberté étroitement surveillée et était devenu, par son combat pour la défense des libertés et ses critiques du pouvoir, une figure emblématique de l'opposition réformiste.

Très critique à l'égard du président Mahmoud Ahmadinejad, il avait contesté sa réélection en juin et dénoncé la répression des manifestations. Le 16 décembre, il dénonçait « la mort de gens innocents », et les « procès-spectacle illégaux » d'opposants.

Plusieurs médias officiels ou proches du pouvoir qui ont annoncé sa mort l'ont gratifié d'un « Monsieur Montazeri » sans jamais mentionner son titre de Grand ayatollah. L'agence officielle Irna l'a présenté comme « une figure religieuse active pour les émeutiers » et critiqué « ses déclarations sans fondements saluées par les médias contre-révolutionnaires ». Les autorités ont fait savoir aux médias étrangers qu'ils n'étaient pas autorisés à se rendre à Qom pour les funérailles. Dès dimanche soir, les connections internet étaient perturbées à Téhéran dans l'espoir d'éviter les manifestations de l'opposition.

Il y a une foule importante de manifestants puisque l’ayatollah Montazeri représentait un peu un symbole de l’opposition.

Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’Iran

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