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Le commandant de l’AFRICOM s’explique à Paris

Le général William Ward.
Le général William Ward. AFP/Fethi Belaid

De passage à Paris, le général William Ward, commandant-en-chef de l'AFRICOM (commandement américain pour l’Afrique), a donné une conférence de presse le 6 janvier pour rappeler le rôle de ce commandement, actuellement installé à Stuttgart en Allemagne. Il a pu ainsi expliquer quelles sont les préoccupations des Etats-Unis concernant la sécurité en Afrique, notamment dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie, le narcotrafic et autres crimes.

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Lors de cette rencontre avec la presse à l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale française, le général William Ward a souligné qu’il n’était pas en Afrique « avec des bataillons de soldats qui se déployeraient un peu partout. Ce n'est pas ce genre d'opération. Nous sommes tous inquiets à propos de la Somalie, du Soudan, de la Guinée et tous les foyers d'instabilité sur le continent. Mais je ne suis pas le policier de l'Afrique. Ce que nous faisons, c'est travailler en collaboration avec certains pays pour leur permettre, en leur donnant des moyens supplémentaires, d'assurer leur propre sécurité ». Il a précise que au Sahel, par exemple, « nous avons des programmes de formation pour les armées régulières, nous les équipons et nous les conseillons afin de leur permettre d'accroitre leurs compétences et d'affronter les menaces terroristes qui existent dans leurs pays. Mais je tiens une nouvelle fois à préciser que nous sommes et nous continuerons d'être une organisation qui collabore avec ses Etats partenaires, qui met en place des activités que nos partenaires nous ont demandé de mettre en place pour les aider ».

Le commandant d’AFRICOM a ajouté qu’il s’agit d’améliorer les compétences de ces pays « pour qu'ils puissent faire face à leurs problèmes de sécurité et qu'ils deviennent de véritables partenaires pour régler les problèmes de sécurité qui existent à l'échelle planétaire. Car il n'y a aucun doute sur le fait qu'une Afrique plus stable et plus sécurisée est dans l'intérêt des Etats-Unis, de la communauté internationale et bien sûr de l'Afrique elle-même ».

AFRICOM reste en Allemagne

Le responsable africain de l'armée américaine a également souligné que son commandement n'a en aucun cas l'intention de développer sa présence militaire sur le continent : « On me demande souvent si mon quartier général va déménager de l'Allemagne vers l'Afrique. Et la réponse est qu'on n'a pas l'intention de le faire. Et à l'avenir, autant que je puisse le dire, nous allons rester où nous sommes, à Stuttgart. Pour l'instant, ça fonctionne. Les personnes qui participent à nos programmes et à nos exercices vont continuer à se rendre régulièrement sur le continent africain, comme je le fais. Mais coupons court à toute rumeur, nous n'allons que là où nous sommes invités. Nous ne nous imposons nulle part ».

Le général William Ward a voulu aussi démentir des rumeurs concernant les activités de la structure militaire qu’il dirige : « Par exemple, AFRICOM n'a jamais demandé de s'installer de manière permanente à Tamanrasset en Algérie ou à Gao au Mali. Nous avons organisé des entraînements là-bas, comme nous le faisons ailleurs en Afrique. Mais cela ne signifie pas que nous allons nous installer là-bas de manière permanente. Nous avons une base à Djibouti. En dehors de ce détachement, nous n'avons aucunement la volonté ou le désir d'installer une autre base sur le continent africain ».
 

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