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Venezuela

Après la dévaluation, Chavez menace les spéculateurs

C'est la ruée dans les magasins d'électronique depuis l'annonce de la dévaluation du bolivar par Hugo Chavez.
C'est la ruée dans les magasins d'électronique depuis l'annonce de la dévaluation du bolivar par Hugo Chavez. Reuters/Carlos Garcia Rawlins
Texte par : Sylvain Biville
4 mn

Pour lutter contre l’inflation, le président vénézuélien menace d’exproprier les commerçants tentés par la valse des étiquettes. Une accélération de la hausse des prix se profile en effet au Venezuela après la dévaluation de la monnaie locale annoncée vendredi 8 janvier 2010 par Hugo Chavez. 

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Depuis lundi matin, le 11 janvier, la valeur du bolivar vénézuélien a été divisée par deux par rapport au dollar. Cela signifie que le prix des biens importés peut potentiellement doubler. Les Vénézuéliens ont bien compris le danger et depuis l'annonce, vendredi 8 janvier, de cette dévaluation surprise, ils se précipitent dans les centres commerciaux pour acheter téléviseurs et autres produits électroménagers, anticipant une probable hausse des prix.

Appel à la délation

Cet affolement ne plaît pas du tout à Hugo Chavez. Pour tenter d’endiguer une flambée des prix, dans un pays qui a déjà la plus forte inflation d'Amérique du Sud, avec un taux de 25%, Hugo Chavez emploie la manière forte. Il a lancé dimanche 10 janvier, dans son émission télévisée dominicale « Alo Presidente », un appel à la délation contre les spéculateurs. Il a même demandé à l'armée de se tenir prête à intervenir pour exproprier les chefs entreprises et les commerçants qui s'essaieraient à la valse des étiquettes.

« Je veux que la Garde nationale aille dans la rue avec les gens pour combattre la spéculation et dénoncer publiquement les spéculateurs » a lancé le président vénézuélien. « Il n'y a aucune raison d'augmenter les prix » assène-t-il, contre toute logique, alors même que son propre ministre des Finances a prévu un surplus d'inflation de 3 à 5% en 2010. Les analystes redoutent un impact beaucoup plus fort, dans un pays qui dépend très largement des importations.

La marche arrière d’Hugo Chavez

La dévaluation du bolivar apparaît comme un camouflet pour Hugo Chavez qui jurait qu’il ne toucherait pas à la monnaie, malgré une surévaluation notoire, qui entretenait un marché noir très actif pour les échanges de devises. C'est d’ailleurs du bout des lèvres qu’il s’y est résolu. L’annonce de l’« ajustement » - le président se refuse à employer le mot dévaluation - a été faite presque en catimini vendredi soir, pendant un match de base-ball. Après avoir longtemps promis que la crise mondiale n’affecterait « pas un cheveu » de l’économie vénézuélienne, le chef de l’Etat a donc été rattrapé par la réalité. Avec une croissance en berne (-2,9%) et des revenus pétroliers en baisse depuis la chute des cours, le gouvernement a du mal à financer ses dépenses publiques.

Double taux de change

La dévaluation devrait logiquement renflouer les caisses de l’Etat, en dopant les exportations d’or noir, principale source de devises du pays qui est le premier exportateur sud-américain. L’objectif est également de réduire la dépendance de l’économie à l’égard du pétrole : la dévaluation est censée encourager la production locale en rendant les importations dissuasives. C’est ce qui explique l’instauration d’un double taux de change. Pour les produits de base (santé, alimentation), le bolivar s’échange désormais à 2,60 pour un dollar – contre 2,15 depuis 2005, soit une dévaluation de 17%. Pour les biens non essentiels en revanche, le taux est de 4,30 bolivars pour un dollar – soit une dévaluation de 100%.

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