Guinée

Jean-Marie Doré conduira le gouvernement de la transition

Le futur Premier ministre et ancien porte-parole de l'opposition guinéenne, Jean-Marie Doré à Dakar, le 17 décembre 2009.
Le futur Premier ministre et ancien porte-parole de l'opposition guinéenne, Jean-Marie Doré à Dakar, le 17 décembre 2009. AFP/Seyllou

C'est donc Jean-Marie Doré, porte-parole des Forces vives (opposition) qui a été désigné pour diriger le gouvernement. Un choix finalisé le lundi 18 janvier à Ouagadougou, au terme de discussions entre le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté, en charge désormais officiellement de la présidence par intérim de la Guinée, et le médiateur Blaise Compaoré.

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Le choix est donc fait, ce sera Jean-Marie Doré, leader de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) et porte-parole des Forces vives. Le décret de sa nomination devrait intervenir dès le retour du général Sékouba Konaté à Conakry.

Jean-Marie Doré devrait être secondé par deux vice-Premiers ministres : Mme Rabiatou Serah Diallo, proposée par les syndicats, et le général Mamadouba Toto Camara, actuel ministre de la Sécurité et de la Protection civile et vice-président du CNDD, le Conseil national pour le développement et la démocratie (junte).

Ces choix tiennent compte de l’équilibre régional et ethnique de la Guinée composée de Soussous, de Peuhls, de Malinkés et de Forestiers, répartis dans les quatre régions du pays. L'attribution des postes de ministres d'Etat du gouvernement devrait être faite suivant le même dosage.

Le général Konaté et le capitaine Moussa Dadis Camara ont également discuté du choix des ministres devant représenter le CNDD au sein du gouvernement. Selon les propositions du médiateur Blaise Compaoré, le CNDD dispose de 10 portefeuilles ministériels sur les 30 prévus dans le futur gouvernement de transition.

Jean-Marie Doré, portrait.

Né en 1938 en Guinée-Forestière, à l’est du pays, Jean-Marie-Doré explique qu’il a goûté à la politique dès l’âge de 15 ans. Quand ses études le lui permettent, il doit remplacer son père, chef du canton du Manna. Il en tirera une première leçon sur les hommes : pour gouverner, il faut rechercher la synthèse.

Après un diplôme de droit obtenu à Lyon, en France, Jean-Marie Doré devient inspecteur du travail en Guinée. Puis part en Suisse où il est fonctionnaire au BIT, le Bureau International du Travail. Il y reprend des études et obtient un doctorat en sciences politiques. Sa thèse porte sur l’influence des idéologies européennes dans le développement des pays africains.

En 1988, après un séjour en Allemagne, il rentre au pays et crée une entreprise de transport. Il crée aussi par la suite son parti l’UPG, l’Union pour le Progrès de la Guinée. Jean-Marie Doré se présente lors de la présidentielle de 1993 et voit des hommes de main du régime venir saccager son entreprise. Il persiste cependant et est élu député en 95 puis réélu en 2002.

Moussa Dadis Camara prend le pouvoir en décembre 2008. Devenu porte-parole des Forces vives, Jean-Marie Doré joue le rôle délicat d’interface avec la junte. Il maintient des canaux de communication avec Dadis. «Mon rôle, confie-t-il, a été facilité par le fait que je venais de la même région que lui sans pourtant être de la même ethnie.»

Le 28 septembre dernier, il est molesté comme les autres chefs de l’opposition. Selon un opposant joint par RFI, «Cette présence d’un homme de la région forestière au sein des Forces vives a empêché la cristallisation de tensions communautaires en Guinée.»

Sa désignation comme Premier ministre, poursuit cette source, devrait calmer les esprits dans sa région d’origine en montrant que, pour les Forces vives, un Forestier peut porter le destin de la nation.

 

 

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