Accéder au contenu principal
France / Djibouti

Le président Sarkozy à Djibouti pour rencontrer son homologue Omar Guelleh

Le président Nicolas Sarkozy (g) avait accueilli son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh au palais de l'Elysée à Paris fin 2007.
Le président Nicolas Sarkozy (g) avait accueilli son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh au palais de l'Elysée à Paris fin 2007. AFP/Eric Feferberg
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Après Mayotte et l'Ile de La Réunion, le président Sarkozy fait une escale mardi soir 19 janvier 2010 à Djibouti pour rencontrer son homologue Ismaïl Omar Guelleh. Les relations entre la France et Djibouti sont perturbées depuis des années par l'affaire Bernard Borrel, magistrat français détaché à Djibouti retrouvé mort en 1995. Mais entre Paris et Djibouti, il y avant tout des impératifs stratégiques.

Publicité

C'est «le» dossier épineux entre Paris et Djibouti, car la mort du juge Borrel n'a toujours pas été élucidée. En octobre 1995 son corps est retrouvé en partie carbonisé. Très vite Djibouti conclut au suicide et évoque l'implication du juge dans un réseau pédophile. Paris aussi privilégie pendant longtemps la thèse du suicide avant de retenir celle d'un assassinat.

Le dossier est depuis devenu une affaire d'Etat. Le procureur de la République Djama Souleiman et le chef des services secrets Hassan Saïd sont accusés par la France d'avoir fait pression sur deux témoins clefs du dossier Borrel. Condamnés en première instance par le tribunal de Versailles, ils ont été relaxés en mai dernier mais un pourvoi en cassation a été introduit.

Djibouti supporte mal d'être montré du doigt. Il y a deux ans le pouvoir organise une manifestation qui rassemble des milliers d'habitants aux cris de « Honte à toi Nicolas Sarkozy » ou encore « Justice raciste ». L'événement est rare pour rester encore dans les mémoires.

Les juges français semblent toujours déterminés à mener leur enquête jusqu'au bout. Nicolas Sarkozy a fait un geste en recevant la veuve Borrel. Mais l'affaire reste encombrante.

Entre Paris et Djibouti, il y avant tout des impératifs stratégiques. D'abord parce que la plus grande base militaire dont dispose la France à l'étranger est sur ce petit territoire de la Corne de l'Afrique. Une base qui sert d'appui aux avions de l'opération Atalante déployée dans le golfe d'Aden, et qui abrite aussi des entraînement de militaires somaliens (voir encadré).

Somalie, Yémen et Erythrée, les enjeux régionaux, au coeur des discussions de ce sommet, sont nombreux. La dernière rencontre entre les deux chefs d'Etat remonte à décembre 2007 à Paris six mois après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Djibouti, c'est une carte maîtresse dans le jeu de l'armée française en Afrique

Près de 3000 soldats y sont stationnés dont plusieurs unités des forces spéciales.

Autour de l'aéroport international, Français et Américains se partagent la piste d'atterrissage. D’un côté, la base aérienne 188 avec sa dizaine de Mirage 2000 et de l'autre, les gros porteurs et les hélicoptères de l' US Air Force. Pour les Etats-Unis, le camp Lemonier est la plus grande implantation de l'US Army sur le sol africain.

Depuis l'arrivée des Américains, l'armée française doit payer un loyer aux autorités diiboutiennes. Plus de 10 millions d'euros chaque année disent les experts. C’est beaucoup d'argent mais Djibouti est une position stratégique. C’est aussi un port entre la mer Rouge et le Golfe d'Aden, une zone sous étroite surveillance compte tenu de la situation au Yémen, et de la persistance de la piraterie de long des côtes somaliennes.

Pour l’Etat djiboutien, en vertu d'un accord signé 1977, la présence française a toujours constitué un rempart contre d'éventuelles tentatives de déstabilisation de la part de ses voisins.

En 2008, face à la détérioration de la situation autour de Ras Doumeira, à la frontière avec l'Erythrée, l'armée française avait même fourni une importante aide logistique aux forces armées djiboutiennes.

A partir d' août 2009, l'armée française a assuré depuis Djibouti la formation d'une partie des futures forces de sécurité somaliennes.
 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.