République centrafricaine

Le mystère de la disparition de l’ancien ministre Charles Massi

Charles Massi aurait été fait prisonnier dans la zone des 3 frontières Centrafrique-Tchad-Cameroun entre le 17 et le 19 décembre 2009.
Charles Massi aurait été fait prisonnier dans la zone des 3 frontières Centrafrique-Tchad-Cameroun entre le 17 et le 19 décembre 2009. Carte : RFI

La famille et le parti de l'ancien ministre d'Etat centrafricain, devenu chef rebelle, affirment que Charles Massi a été arrêté au mois de décembre dernier et torturé à mort. Le gouvernement centrafricain est sorti de son silence, jeudi 21 janvier 2010, démentant formellement ces accusations. 

Publicité

Le ministère de la Défense de la République centrafricaine a donc opposé un « démenti formel aux allégations mensongères » concernant les affirmations de la famille de Charles Massi qui avait déclaré, le 16 janvier dernier, que l’ex-ministre était mort en détention, après avoir été arrêté au Tchad et livré à Bangui entre le 17 et le 19 décembre 2009. Le communiqué signé par le ministre centrafricain de la Défense, Jean-Francis Bozizé, dénonce « une véritable campagne d’intoxication », estimant que ses auteurs veulent « semer la confusion ».

D'après le gouvernement tchadien, Charles Massi a été conduit au Cameroun début décembre 2009. Plusieurs sources centrafricaines, à commencer par un responsable de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), la rébellion active dans le nord du pays, affirment que Charles Massi s'est rendu en Centrafrique. C'est là, dans la zone des trois frontières (Centrafrique-Tchad-Cameroun) qu'il aurait été, toujours selon ces sources, fait prisonnier entre le 17 et le 19 décembre soit par l'armée centrafricaine, soit par l'armée tchadienne qui l'aurait ensuite livré aux Forces armées centrafricaines (FACA). Quoi qu'il en soit, depuis cette date, on disait Charles Massi enfermé soit à Bossangoa, soit à Bossembélé, au nord de Bangui.

Aujourd'hui, aucune source indépendante n'est en mesure de confirmer ou d'infirmer ces informations. « Tout est possible », affirme-t-on de source indépendante, « mais il n'existe, à ce jour, aucune preuve pour étayer les affirmations des proches de l'ancien ministre ». De son côté, le gouvernement centrafricain oppose un démenti catégorique et parle d’intoxication. Reste qu'on n'entend toujours pas Charles Massi.

Son épouse, Denise Massi, qui a été expulsée de Bangui le 14 janvier dernier, affirme de son côté que les langues commencent à se délier et que toutes les informations qu'elle obtient vont dans le même sens : Charles Massi est mort des suites des tortures qu'il a subies.

L'opposition et l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) de Jean-Jacques Demafouth, un des principaux ex-mouvements rebelles engagés dans le processus de paix, ont dans un communiqué condamné « l’assassinat » de Charles Massi. Evoquant « un acte prémédité décidé au plus haut sommet de l'Etat », ils ont demandé que « son corps soit remis à sa famille » et qu'une « commission d'enquête internationale indépendante » soit mise en place « en vue de faire la lumière » sur cette affaire.

Charles Massi, 57 ans, a été plusieurs fois ministre sous les régimes du président Ange-Félix Patassé (1993-2003) et de l’actuel chef d’Etat François Bozizé, avant de devenir le principal dirigeant de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP).
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail