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De A à Z

Les cent clés de l'Afrique

5 mn

Toute l’Afrique réunie dans un vaste panorama, de A comme Agriculture, Afrique du Sud... à Z comme Zimbabwe... Sont ici traités, de façon claire,  les principaux thèmes nécessaires à la compréhension de l’actualité du continent.  

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Les 100 clés de l’Afrique est le seul ouvrage de synthèse actualisé sur le continent. Coordonné et rédigé par Philippe Leymarie et Thierry Perret, avec la contribution des collaborateurs de l’agence MFI, l’agence de presse de RFI, il comprend près de 130 entrées et d'importantes annexes (chronologies, discours, textes fondamentaux).

Les 100 clés de l’Afrique permettent de voyager, du nord au sud, dans l’Afrique des crises et de la démocratie, l’Afrique de la politique, de l’économie et de la culture, l’Afrique des hommes et des femmes, l’Afrique des jeunes et des villes... Outre des notices par pays, des portraits, des bilans sur les questions de développement, les entrées thématiques permettent de faire le point sur les débats en cours (colonisation, démocratie, ethnie, migration…).

Les 100 clés de l’Afrique s'offrent comme un outil et un guide pour le grand public comme pour les spécialistes.

Le livre est publié par les éditions Hachette Littératures (collection Pluriel), en format « grand poche » et comprend un important dossier cartographique, réalisé par Philippe Rekacewicz
 

Une coédition Hachette Littératures/RFI, 712 pages


Article (extrait)

DEMOCRATIE
 
La fin de la guerre froide a correspondu, en Afrique subsaharienne, à une vague sans précédent de démocratisation des institutions. A partir de 1990, en quelques années seulement, la quasi-totalité des Etats s’est ralliée au multipartisme, alors que depuis les indépendances avait dominé sur l’ensemble du continent un monopartisme de droit ou de fait. C’est donc bien, pour la partie subsaharienne - et dans un contraste frappant avec la situation plus figée constatée en Afrique du Nord - à un bouleversement institutionnel de grande ampleur que l’on a assisté, si dans la pratique le mouvement de démocratisation réelle est resté sujet à débat. Mais dans un nombre (il est vrai limité) de cas les « transitions démocratiques » africaines, selon l’expression alors consacrée, ont débouché sur de véritables formules d’alternance et d’accession au pouvoir de nouvelles élites dirigeantes ; et, d’une manière générale, les progrès en matière de liberté d’expression et de participation du citoyen à la vie publique ont été presque partout indéniables.

Le principal acquis de la période écoulée réside toutefois dans un retour très net à la « constitutionnalisation » de la vie politique, avec l’adoption de textes fondamentaux profondément rénovés, et la mise en place d’institutions diversifiées de l’Etat de droit ; de leur côté, les acteurs politiques africains se montraient désormais très soucieux d’inscrire leur action, fût-elle marquée par l’arbitraire ou le strict rapport de force, sous le manteau du légalisme. Tout ceci est à opposer à une pratique, durant les décennies précédentes, largement dénuée de formalisme et notamment caractérisée par la succession des coups d’Etat, ou par l’imposition autoritaire de systèmes peu sophistiqués de gouvernement centralisé, déniant tout droit à l’expression de la société.../...

Ces avancées, surtout significatives dans un petit nombre de pays, sont toutefois précaires, et les alertes ne manquent pas, comme au Sénégal, où le pouvoir d’Abdoulaye Wade a montré des tendances autocratiques. Perçue comme spécialement néfaste, une tendance s’est fait jour ces dernières années pour proroger, par des voies légales, les mandats parvenus à terme des chefs d’Etat en exercice : du Togo au Gabon, en passant par le Burkina Faso et le Tchad, les « manipulations » de la constitution ont fleuri, rendant caduque toute perspective d’alternance. Ces procédés, dénoncés au plan intérieur, sont perçus avec une certaine bienveillance par la communauté internationale, désireuse d’éviter des alternances automatiques, synonymes d’instabilité.

Tout ceci renvoie à la difficulté pour la démocratie en Afrique à trouver un mode vertueux de fonctionnement, accréditant les accusations de démocratisation en « trompe-l’œil ». Les critiques les plus radicales viennent souvent des intellectuels africains eux-mêmes : tel le Camerounais Achille Mbembe, qui dans son essai De la Postcolonie, publié en 2000, propose une vision pessimiste de l’Etat africain, incapable d’échapper à une reproduction sans fin du système d’assujettissement imposé par la colonisation.

 

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