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République centrafricaine

André Kolingba, ancien président, est décédé à Paris

Général André Kolingba, l'ancien président centrafricain décédé ce 7 février 2010 à Paris.
Général André Kolingba, l'ancien président centrafricain décédé ce 7 février 2010 à Paris. AFP / Jean Claude Delmas
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Une page se tourne dans l'histoire de la Centrafrique. L'ancien chef d'Etat, le général André Kolingba, est décédé dimanche 7 février 2010, dans l'après-après midi, à Paris des suites d'un cancer. André Kolingba était arrivé au pouvoir en 1981 à la faveur d'un coup d'Etat. C'est lui qui avait instauré le multipartisme en Centrafrique, ouvrant la voix à la première élection présidentielle démocratique en 1993. Il avait d'ailleurs été battu par Ange-Félix Patassé à cette occasion, et s'était plié au verdict des urnes.

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Arrivé au pouvoir en 1981, à l’issue d’un coup d’Etat sans effusion de sang, André Kolingba a voulu durant toute sa vie donner l’image d’un homme de paix, mais il reste pour de nombreux Centrafricains l’homme du colonel Mansion, le pro-consul français à Bangui. C’est lui qui a instauré le tribalisme dans la gestion de l’Etat, lui qui a fait brûler des villages dans le nord du pays après le coup d’Etat manqué d’un certain François Bozizé et de son ami d’alors Ange-Félix Patassé.

Un homme qui a beaucoup contribué à l'instauration de la démocratie... il a accepté le principe d'élections libres et démocratiques pour le changement... j'avais dit que je pardonnais à tous ceux qui ont contribué à me renverser... moi je n'ai pas d'ennemi, c'est un patriote qui a pris l'option des armes mais il a vu que les armes ont des limites...

Ange-Félix Patassé

Sous la pression populaire, il réinstaure le multipartisme en Centrafrique. C’est l’époque du discours de La Baule et contrairement à d’autres chefs d’Etat africains, il accepte que le débat démocratique s’instaure en Centrafrique, sans faire usage de la violence. Il ouvre ainsi la voie à la première élection présidentielle démocratique et cède le pouvoir à Ange-Félix Patassé en 1993.

Le général Kolingba, c’est aussi l’homme du coup d’Etat manqué du 28 mai 2001 –il en assume en tout cas la paternité- Des milliers de Yacomah doivent fuir la répression. André Kolingba se réfugie en Ouganda.

Puis vient le moment du pardon : à la tribune du Dialogue national, organisé après la prise du pouvoir du général Bozizé en 2003, l’ancien président Kolingba demande pardon pour les erreurs commises.

Le président Kolingba a été un des grands bâtisseurs de la République centrafricaine. Il a ramené la démocratie en 1993, il a laissé un pays pacifique... un président qui a accepté d'aller aux urnes et qui a perdu dignement... un très bon souvenir...

Fidèle Gouandjika

 

 

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