Sri Lanka

Le général Fonseka, perdant de la présidentielle, traduit en cour martiale

Le général Sarath Fonseka à Colombo, le 16 novembre 2009.
Le général Sarath Fonseka à Colombo, le 16 novembre 2009. AFP/Lakruwan Wanniarachchi

Sarath Fonseka, l’ancien chef des armées, a été interpellé le 8 février 2010 à son bureau à Colombo. Le principal candidat de l’opposition à la présidentielle sri-lankaise du 26 janvier 2010, candidat malheureux, a été embarqué par la police militaire qui a fait irruption au siège de son parti. Sarath Fonseka comparaîtra devant une cour martiale pour «crimes militaires».

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Avec notre correspondant dans la région, Mouhssine Ennaimi

Le général a été arrêté lundi soir et, tôt ce mardi 9 février au matin, on a appris qu’il allait être envoyé devant une cour martiale pour violation du code militaire et pour avoir provoqué une division au sein de l’armée. Des charges assez lourdes donc et une disgrâce pour ce général qui, il y a quelques mois encore, était perçu comme le héros de la guerre contre les séparatistes tamouls.

La première question que l’on se pose est la suivante : pourquoi est-ce une affaire militaire et non pas civile ? Et c’est d’ailleurs un point sur lequel le gouvernement insiste bien. On sait que le général a quitté l’armée il y a quelques mois, qu’il a rendu l’uniforme pour se présenter à l’élection présidentielle mais l’armée dit, elle, que Fonseka peut toujours être poursuivi jusqu’à six mois après avoir quitté le rang militaire.

De nombreuses réactions après l'arrestation

L’arrestation s’est faite de façon très brutale lundi soir. Il y avait une centaine de soldats. Des témoins sur place disent qu’il a été traîné par les pieds devant tous ses partenaires politiques. D’ailleurs les membres de l’opposition parlent, eux, d’un enlèvement et non pas d’une arrestation et pour eux il s’agit tout simplement de mettre le général Fonseka hors d’état de nuire.

Pour l’opposition, c’est la volonté d’écarter Fonseka qui contestait depuis le 26 janvier dernier les résultats de l’élection présidentielle.

Tout cela ressemble à une exclusion du général Fonseka du champ politique. En désaccord profond avec Mahinda Rajapakse, il s’est présenté aux élections, il a perdu, il a contesté et surtout il s’est engagé sur une procédure légale afin de prouver qu’il y a eu d’importantes fraudes.

Sans surprise, le chef de la commission électorale déboute le général Fonseka mais il reste toujours le processus avec la Cour suprême qui, elle, est beaucoup plus indépendante.

Le général a aussi provoqué des manifestations dans les rues de Colombo et est bien déterminé à prouver que l’élection présidentielle du 26 janvier dernier a bel et bien été truquée.

Et enfin, sans doute, ce qui embarrasse le plus le gouvernement, c’est que le général Fonseka se dit prêt à collaborer et à transmettre des informations sur ce qui s’est passé pendant la guerre et il a visiblement de quoi faire trembler le gouvernement de Mahinda Rajapakse.
 

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