Recherche spatiale

Percer les secrets du Soleil

La mission de l'Observatoire solaire devrait durer cinq ans.
La mission de l'Observatoire solaire devrait durer cinq ans. Nasa
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L’étoile centrale du système solaire va faire l’objet d’observations nouvelles grâce au satellite d’observation Solar Dynamics Observatory qui vient d’être lancé à Cap Canaveral. Les scientifiques veulent en savoir plus sur la vie du Soleil : son énergie permet la vie sur Terre, son rayonnement a un impact sur les climats.

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La Nasa a lancé, depuis le pas de tir de Cap Canaveral, un satellite chargé d’observer le Soleil. Il s’appelle Solar Dynamics Observatory, ou SDO. Les informations que ce satellite transmettra permettront de mieux comprendre les activités du Soleil et leur impact sur la Terre et ses climats. 

Le lancement, prévu à 15H26 TU (10H26 locales) de Cap Canaveral, en Floride, a été retardé de 24 heures. SDO avait été placé à bord d'une fusée Atlas V de United Launch Alliance, un partenariat réunissant les deux géants aérospatiaux américains, Boeing et Lockheed Martin.

La mission doit durer cinq ans et son coût est de 848 millions de dollars. Le satellite va permettre de fournir en continu une masse sans précédent de données et d'images du soleil, des données qui devraient lever le voile sur la complexité de son fonctionnement interne, en particulier sur son champ magnétique.

« L'observatoire SDO est le fondement de la recherche solaire de la prochaine décennie », souligne Richard Fisher, directeur de la division d'héliophysique de la Nasa.

Le satellite de 3,2 tonnes, ira se placer sur une orbite géosynchronisée à quelque 35.000 km de la Terre. Il devrait permettre de déterminer la durée du prochain cycle du soleil - celui-ci est en moyenne de 11 ans - et de savoir s'il est possible de prédire quand des vents solaires violents chargés de particules à haute énergie frapperont notre planète.

Ces vents solaires peuvent perturber le fonctionnement des satellites, leurs systèmes de distribution électrique, voire être dangereux pour des astronautes dans l'espace.

Les tempêtes dans l'espace peuvent déranger les radars et les systèmes de communication.

Sacha Brun

« Le soleil affecte de plus en plus notre vie quotidienne alors que nous dépendons désormais de nombreuses technologies »  comme les systèmes de transmissions radio à haute fréquence et le GPS pour la navigation, explique Dean Pesnell, un scientifique du Centre des vols spatiaux Goddard de la Nasa, l’un des centres de recherche les plus importants de la Nasa.

« La plupart des effets proviennent du champ magnétique du soleil, qui change constamment, et les instruments à bord du satellite SDO sont conçus pour étudier ce champ magnétique (...) et la façon dont il affecte la Terre », ajoute ce scientifique.

Trois instruments vont permettre de scruter et mesurer les activités solaires :
- Le télescope Atmospheric Imaging Assembly (AIA). Il va produire des images haute résolution du Soleil et de son atmosphère.
- Le Helioseismic and Magnetic Imager (HMI) est capable de voir à l'intérieur du Soleil pour mesurer les mouvements de plasma générant les champs magnétiques.
- Enfin, le Extreme Ultraviolet Variability Experiment (EVE) mesurera la quantité d'énergie émise par le Soleil dans ses rayonnements ultraviolets extrêmes, qui sont absorbés par l'atmosphère terrestre et ne peuvent donc être mesurés depuis le sol.

Ces instruments permettront d'étudier les relations entre l'activité magnétique interne du Soleil et les effets à sa surface ainsi que sur notre planète, précise Madhulika Guhathakurta, responsable scientifique du SDO à la Nasa.

« Ces avancées produiront des données scientifiques qui feront mieux comprendre le fonctionnement du Soleil et conduiront à la mise au point d'instruments capables de prédire ses comportements », ajoute Liz Citrin du Centre des vols spatiaux Goddard.

Le SDO pourrait également aider à savoir si une longue inactivité solaire pourrait plonger la Terre dans une période prolongée de refroidissement.

De 1645 à 1715, l'Europe et l'Amérique du Nord ont subi des hivers très froids. Durant cette période, très peu de taches solaires ont été observées et les scientifiques se demandent si ce « petit âge glaciaire » pourrait être le signe d'une relation entre une inactivité solaire prolongée et des variations du climat terrestre.

 

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