Biodiversité

Vingt cinq espèces de primates menacées d'extinction rapide

Lépilémur du nord (Lepilemur septentrionalis) de Madagascar
Lépilémur du nord (Lepilemur septentrionalis) de Madagascar IUCN/ SSC/ IPS/ Russel A.Mittermeier

Quelque 85 experts du monde entier ont participé à l'élaboration du dernier rapport de l'Union mondiale pour la nature (UICN) sur l'état de la biodiversité, présenté au zoo de Bristol, en Grande-Bretagne. Il apparaît que sur 634 espèces de primates vivant sur Terre, près de la moitié (48%) d'entre-eux figurent d'ores et déjà sur la liste rouge des espèces menacées. Un nombre en progression rapide puisque, en 2007, seul un tiers des primates étaient en danger, selon un précédent rapport de l'organisation. Parmi les espèces les plus menacées de disparition, cinq se trouvent à Madagascar, six sur le continent africain, onze en Asie et trois en Amérique du Sud et centrale.  

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Le plus menacé de tous est le langur de Cat Ba (Trachypithecus p.poliocephalus), dans le nord-est du Vietnam, dont ne subsistent que de 60 à 70 individus. Dans la même région, la population de gibbons à crête noire (Nomascus nasutus) est limitée à environ 110 individus.

A Madagascar, il reste moins d'une centaine de lémuriens appartenant à l'espèce Lepilemur septentrionalis, détaille également le rapport. Les espèces les plus menacées ne sont toutefois pas toujours celles dont les populations sont les plus réduites, mais celles dont les habitats sont détruits et qui continuent d'être chassées par l'homme.

Convention pour la biodiversité sous l'égide de l'ONU, en octobre au Japon

« En fait, l'espèce de primate la plus rare est le gibbon de Hainan (Chine). Mais les Chinois ont désormais mis en place des mesures de conservation très strictes. C'est pourquoi il ne figure pas sur cette liste, car il n'y a pas grand-chose à faire de plus pour lui », a déclaré Simon Stuart, président de la commission de survie des espèces de l'IUCN.

Dans le règne animal, « les primates font partie des groupes de vertébrés les plus en danger », souligne le président du groupe de spécialistes sur les primates de l'IUCN, Russell Mittermeier. Les protecteurs des primates veulent agir en amont de la Convention pour la biodiversité qui se tiendra sous l'égide de l'ONU
en octobre au Japon, et soulignent que les moyens à mobiliser sont à portée de la main.

« Une fois qu'une espèce est confinée à un petit territoire, il ne coûte pas très cher à la société de la protéger, plaide Simon Stuart, mais c'est une chose que de sauver une espèce de l'extinction, comme le font les Chinois, et cela en est une que de pouvoir parler de repeuplement ».

Pour en savoir plus :

Consulter le site de l'UICN

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