Rwanda / France

Nicolas Sarkozy à Paul Kagamé : «tourner une page»

Le président français Nicolas Sarkozy (G) et son homologue rwandais Paul Kagamé (D), lors de leur conférence de presse conjointe à Kigali, le 25 février 2010
Le président français Nicolas Sarkozy (G) et son homologue rwandais Paul Kagamé (D), lors de leur conférence de presse conjointe à Kigali, le 25 février 2010 Reuters/Remy de la Mauviniere

C'était l'objet de la visite du président de la République à Kigali, première visite d'un chef d'Etat français depuis le génocide de 1994 qui a fait plus de 800 000 morts. Nicolas Sarkozy et son homologue rwandais Paul Kagamé ont exprimé ensemble leur volonté de tourner la page après ces événements tragiques. Le président français n'a pas présenté d'excuses officielles mais a reconnu les «erreurs» de la France.

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Avec nos envoyés spéciaux à Kigali,

Lire notre dossier d'archives: Rwanda, dix ans après le génocide

Dans les vieux couples, quand on se réconcilie, chaque mot compte. Nicolas Sarkozy est venu jeudi à Kigali avec trois mots nouveaux : il avait déjà parlé des « erreurs » de la France, cette fois-ci il a évoqué les « graves erreurs d’appréciation » et les « erreurs politiques de la France » par rapport au génocide rwandais de 1994.

De même, selon Nicolas Sarkozy, la communauté internationale et la France ont été aveugles face à la dimension génocidaire du régime du président Habyarimana, et l’opération Turquoise a été déclenchée trop tardivement et «trop peu». Des déclarations qui ne feront pas plaisir aux responsables politiques français d’alors comme Edouard Balladur ou Hubert Védrine.

A la différence de l’Américain William Clinton ou du Belge Guy Verhofstadt, Nicolas Sarkozy n’a donc pas présenté les excuses de son pays comme l’espéraient beaucoup de Rwandais. C’est sans doute pour cela qu’il a eu cette petite réflexion : «Nous ne sommes pas ici pour nous amuser, pour faire une course au vocabulaire ; nous sommes ici pour réconcilier des Nations, pour aider un peuple qui a été meurtri... pour tourner une page ».

Pas d’excuses, mais tout de même une reconnaissance sans précédent des erreurs de la France. Comme pour l’Algérie, comme pour toutes les anciennes colonies françaises, Nicolas Sarkozy reste sur la même ligne : oui à la reconnaissance, non à la repentance.
 

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