Accéder au contenu principal
Mali/Anniversaire des indépendances

Amadou Toumani Touré: «Nous n'avons pas eu le choix de nos visions. Nous n'avons pas eu le choix de nos politiques»

«Nous n'avons pas eu le choix de nos visions. Nous n'avons pas eu le choix de nos politiques»
«Nous n'avons pas eu le choix de nos visions. Nous n'avons pas eu le choix de nos politiques» AFP / F. Monteforte
Texte par : Alain Foka
19 mn

Amadou Toumani Touré, 61 ans, est le président de la République du Mali depuis le 2 juin 2002, un an après son entrée officielle en politique. Militaire de carrière, il a pris part au coup d'État contre le président Moussa Traoré, en mars 1991, avant d'assurer la présidence intérimaire du pays. Par la suite, il préside la conférence nationale et remet le pouvoir au nouveau chef de l'État, Alpha Oumar Konaré, démocratiquement élu en 1992. Alain Foka, animateur de l'émission Médias d'Afrique, lui a demandé ce que les 50 années écoulées lui inspiraient.

Publicité

RFI : 1960-2010 : Cinquante ans d'indépendance. Dix-sept nations africaines célèbrent cette année le cinquantenaire de leur indépendance avec beaucoup de fêtes, beaucoup de danses, beaucoup de défilés. Est-ce qu’il y a une vraie raison de commémorer ces cinquante ans ?

Amadou Toumani Touré : Nous avons raison de commémorer ce cinquantenaire parce que c’est une page de notre histoire que nous tournons. Il y a beaucoup de générations, deux, trois, qui n’étaient pas nées en 1960. Donc il était tout à fait normal que nous ouvrions ce livre d'histoire par des festivités, des conférences, des réunions. En tout cas, d’une manière ou d’une autre, il fallait que nous rendions compte de cette histoire et que nous l’expliquons à la jeune génération. Maintenant, si on me posait la question: «cinquante ans d’indépendance, quelle est votre appréciation ?» Je dirais : «on aurait pu faire mieux». Mais cependant, rarement nous avons eu notre destin en main. Et nous avons eu de très grands évènements qui nous ont perturbé et qui ont été des facteurs limitants.

RFI : Vous voulez dire qu'en 1960, lorsqu’on a proclamé cette indépendance –pour le cas du Mali, c’était le 22 septembre 1960- ce n’était qu’une indépendance sur le papier, que le Mali n’a pas été vraiment indépendant ?

A.T.T. : Nous avons été indépendants. Sur le papier certes, mais nous n’avons pas eu le choix de nos visions, nous n’avons pas eu le choix de nos politiques. Je vous donne un exemple: tout de suite après l’indépendance, il fallait bâtir un État parce qu’il y avait auparavant un État colonial construit pour défendre ses propres intérêts. Le train Koulikoro qui va à Dakar qu’on appelle Dakar-Niger draînait des matières premières vers la métropole (NDLR : la France). Si je prends par exemple, nos produits agricoles... tout était orienté non pas pour nos besoins, mais pour que ça parte à l'étranger et que ça serve de matières premières aux autres. Nous étions là surtout pour travailler et donner aux autres. À l'indépendance, il fallait tout de suite mettre un État en place. Ce qui n’était ni facile, ni aisé. Si je prends le cas du Mali, l’indépendance a connu une période de rupture...La fédération du Mali a éclaté en 1960…

RFI : qui réunissait le Sénégal et le Soudan français

A.T.T. : le Soudan français élargi à la Haute Volta et au Bénin…

R.F.I. : qui ont abandonné la Fédération assez rapidement…

A.T.T. : Le nouveau gouvernement du Mali a difficilement pardonné cette forme de rupture dont il pense à juste raison, que le gouvernement français de l’époque n’était pas loin dans la provocation de cette rupture. C’était un des premiers points. Le second, c’était la guerre d’Algérie jusqu’en 1930, à l’indépendance de l’Algérie. Le Mali faisait partie des bases arrières de soutien aux moudjahidine algériens. Je pense que le gouvernement français de l’époque n’était pas très content…

R.F.I.: et il l'a fait payer cela au Mali...

A.T.T. : Le Mali le payait d’une certaine manière. Maintenant, revenons à l’État parce que tout commence par là. À l’indépendance en 1960 au Mali, le Soudan français à l’époque, il y avait en tout et pour tout 36 cadres de haut niveau et dans tous les secteurs, que ça soit dans l’agriculture, que ça soit dans l’enseignement. Seulement 36 hauts fonctionnaires ! Aujourd’hui, au moment où je vous parle, nous en avons 12 500. Avec 36 cadres, avec quoi allions-nous bâtir un État ? On avait beaucoup de bonne volonté, on était euphorique mais malheureusement, les moyens manquaient.

R.F.I.: Cette indépendance aurait été prématurée selon vous ? Les Etats n’étaient pas préparés ?

A.T.T. : Non. Du tout. Nous avons été obligés de choisir. Ceux qui ont voté oui à l'indépendance, ceux qui ont voté non.... je pense que les deux voulaient l’indépendance. Pour quelle raison, allions-nous continuer à manquer de liberté. Ceux qui ont choisi l’indépendance à ce moment... je les approuve et si j’avais été à leur place, j'aurais fait de même.

Amadou Toumani Touré se prépare pour l'entretien avec Alain Foka, l'animateur de l'émission "Médias d'Afrique" de RFI.
Amadou Toumani Touré se prépare pour l'entretien avec Alain Foka, l'animateur de l'émission "Médias d'Afrique" de RFI. © D. Michaud/RFI

R.F.I. : Quand on regarde le résultat aujourd’hui cinquante ans après, qu’est-ce qui est à mettre au crédit de cette indépendance ? Un jeune qui a 20 ans aujourd’hui se dit, finalement à quoi a servi cette indépendance ?  Que lui répondriez-vous monsieur le Président ?

A.T.T. : Je lui retournerai la question : s’il avait fait cinquante ans de colonisation supplémentaires, à quoi ça lui aurait servi ?  Dans un premier temps, il fallait créer l'État. On n’avait rien. Dans un deuxième temps, il fallait reconvertir notre économie et nos finances pour nous-mêmes. Il fallait bâtir des écoles, il fallait bâtir des entreprises, des sociétés. D’autre part également, nous avons connu une évolution avec des évènements importants, permettez que je les cite. Tout de suite, c’est la rupture. Certains sont devenus indépendants après avoir lutté durement, c'est le cas de l'Algérie. D’autres sont devenus indépendants avec des négociations politiques. La Guinée en 1958, est devenue indépendante en rompant de façon pure et dure. Ils ont pris une option que chacun a admiré Mais après ça, qu’est-ce qui s’est passé ? Tout de suite, nous sommes tombés dans la division des blocs (NDLR : bloc communiste et bloc capitaliste) Il y avait un choix à faire entre l'Est et l'Ouest.

R.F.I. : Le Mali a choisi l’option socialiste* ...

A.T.T. : oui, mais le Mali dira qu’on l’a obligé de choisir. Dans tous les cas, le choix qu’on a fait répondait au choix du parti de l’Union nationale, l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (USRDA), de l'époque. Et ce choix, moi personnellement, je l’approuve.

R.F.I. : Même avec le recul, vous l’approuvez ? Vous ne pensez pas que ce choix socialiste, cette option socialiste, a finalement plombé le développement du Mali ?

A.T.T. : Je sais que ceux qui ont choisi l’option capitaliste n’ont pas fait mieux que nous. Lorsque vous voyez les sociétés, entreprises d’Etat... Ce n’était peut-être pas le choix du socialisme qui a été problème, mais c’est la conduite de ce choix qui a créé énormément de problèmes.

R.F.I. : La corruption de l’élite après ?

A.T.T. : Pas forcément la corruption. Non... je pense qu’à ce moment-là, l’élite était nettement moins corrompue. Au temps de nos pères, je crois que c’était un patriotisme très dur et c’étaient des hommes honnêtes. Lorsque je rends visite à ces anciens de l'élite et que je vois dans quelles conditions ils vivent..... Non ce n’était pas des corrompus.
Après cette histoire de bloc, de choix de vision et de régime, qu’est-ce qui est arrivé encore ? Nous sommes tombés, tout de suite après, dans l’irruption (NDLR: l'intervention) des armées*. Là également, il y a des périodes sur lesquelles il faut tirer des points positifs et également des points négatifs. Après la période de reprise en main du pouvoir par les armées, nous tombons très souvent dans les problèmes des ajustements structurels, (NDLR : imposés par le FMI) avec leurs conditionnalités. On nous demande de ne pas recruter des infirmières et des maîtres !! Donc il y a eu des évènements qui ont été plutôt des événements limitants...

Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin

R.F.I. : Mais qu’est-ce qu’on peut mettre véritablement au crédit de ces cinquante ans d’indépendance ? Quand vous dites : voici le bilan, voici ce que nous avons réalisé.  De quoi, monsieur le Président, devons-nous être fiers aujourd’hui ?

A.T.T. : D’abord nous sommes fiers d’être nous-mêmes. Nous ne sommes colonisés par personne et la chose la plus importante, c’est la liberté. Certes, nous avons eu des facteurs limitants qui ne nous ont pas permis de faire tout ce que l’on aurait souhaité faire parce que comme je vous l’ai dit, il y avait certains facteurs qui ne dépendaient pas de nous et des facteurs qui ont énormément gêné. Je dis que le bilan est « positif ».

R.F.I. : Aujourd’hui, quelle est la relation avec l’ancienne métropole la France. Est-ce qu’elle est plus apaisée ? Est-ce qu’elle est dans un échange plus partenarial ?

A.T.T. : Parfaitement. Je pense que la France et le Mali aujourd’hui se respectent. Nous avons partagé une histoire commune, c’est la colonisation. Je ne fais pas le procès de la colonisation. Je ne serai pas parmi ceux qui disent que c’est bon ou mauvais. Je ne rentre pas dans ce rôle. Ce n’est pas le mien. Ce sont les cinquante ans d’indépendance qui m’intéressent. Nous avons un partage culturel. Nous avons la langue en partage. Et d’autre part également, parmi la coopération, la France est certainement parmi les pays avec lesquels nous entretenons une coopération privilégiée. Je ne vous parlerai pas des immigrés maliens en France qui sont également un nombre particulièrement important. Donc aujourd’hui, j’avoue ce sont des relations de partenaire à partenaire, ce n’est plus le colonisé, le colonisateur.

R.F.I. : Que répondez-vous à ceux qui se posent la question de savoir : comment peut-on célébrer les cinquante ans en évitant le 14 juillet sur les Champs Elysées des chefs d’Etat africains **?

A.T.T. : D’abord, il faut remarquer une chose, c’est qu’il y a pas mal de ces chefs d’Etat qui avaient été déjà invités pour la fête du 14 juillet. Moi en tant qu’ancien chef d’Etat, j’avais été invité par le président Mitterrand pour assister à la fête du 14 juillet. Je ne suis pas contre le fait qu’on soit invité. Il y a une histoire commune que nous avons partagée. Il y a un moment où nous nous sommes quittés mais nous avons agi au plan partenarial. Moi je pense qu’il n’y a rien de mal, il faut qu’on enlève ce complexe de dire oui, on nous a invités pour la fête du 14 juillet. Mais si la France nous invite, nous répondrons favorablement. Cela ne changera absolument rien. Nous, nous faisons nos fêtes. Nous invitons les président français. Tous les présidents français ont fait des visites en Afrique après les indépendances. Donc moi, je sortirai rapidement de ce complexe inutile et je positive : nous sommes invités et nous répondrons à l’invitation. Nous les inviterons, ils viendront. Nos armées vont défiler sur le boulevard des Champs Elysées où l’année dernière, il y avait l’Inde et pourtant l’Inde n’a pas été une colonie française.

R.F.I. : Beaucoup de jeunes regardent toutes ces célébrations des cinquante ans d’indépendance en se disant «ce n’est pas terrible. On est les derniers de la place dans le monde. Partout ailleurs, il y a eu le développement». Qu’est-ce qu’on nous propose dans les cinquante prochaines années ?

A.T.T. : je pense que les cinquante prochaines années dépendent d’eux, de cette jeunesse. Si nous essayons de voir ce qui se passe en Asie aujourd’hui, si on essaie de faire l’inventaire des dragons. Ils n’étaient pas loin de nous à l’indépendance. Lorsqu’on comparait la Corée du Sud et le Ghana, je crois qu’ils avaient à peu près les mêmes indicateurs. Ce que nous devons dire, c’est qu’il ne faut pas qu’on attende tout de l’État. L’État providentiel est mort. Maintenant, il faut qu’on se batte. Tout ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui, c’est pour cette génération ! Qu’elle ne croise pas les bras, qu’elle se batte, qu’elle s’implique ! L’État doit investir dans les richesses humaines et il va falloir également que les jeunes y répondent...qu’on arrête un peu la grève et qu’on étudie parce que demain, c’est eux qui seront responsables.

© D. Michaud/RFI

R.F.I. : Monsieur le Président, vous dites que ces cinquante dernières années étaient positives, mais lorsqu’on regarde que les écoles se dégradent, que l’on ne peut pas se soigner sur place en raison de l'état des hôpitaux du pays, que seuls ceux qui ont les moyens peuvent aller se soigner à l’étranger qu’il n’y a pas de routes, pas d’infrastructures. Comment pouvez-vous dire que les cinquante dernières années ont été positives ? 

A.T.T. : Je voudrais vraiment que vous comprenez. Je n’ai pas dit que les cinquante ans étaient positifs. Je n‘ai pas dit que nous avons obtenu tout ce que nous voulions. Je n’ai pas dit que pendant ces cinquante ans, nous avons été développés. Je n’ai pas dit que pendant ces cinquante ans, nous avons eu une vision et été libres. Non nous avons eu beaucoup de facteurs limitants. Ce que j’ai dit, c’est que les cinquante ans n’ont pas été négatifs. Effectivement, comme vous venez de le dire, à l’indépendance du Mali, on était 3 millions. Aujourd’hui, nous sommes 14 millions. Il faut les nourrir, il faut les habiller, il faut les éduquer. Il faut les soigner.

R.F.I. : Mais ça, on le savait qu’on serait ce nombre-là. Les projections ont fait état de cette évolution démographique.

A.T.T. : D’accord. Mais ce que les projections n’ont pas dit, c’est que les évènements qui allaient limiter nos visions et limiter nos ambitions, ça n’a pas été prévisible.

R.F.I. : Mais comment peut-on voir des jeunes partir du pays, s’installer à l’étranger et dans le même temps dire que ça va, que ce n’est pas négatif ?

A.T.T. : Moi je ne suis pas [du tout contre le fait] que de jeunes africains [vont travailler à l'étranger]…

R.F.I. : Vous encouragez plutôt ?

A.T.T. : Non, je n’encourage pas mais je comprends. Les jeunes africains qui, aujourd’hui, sont en Europe, qui sont aux Etats-Unis, qui sont partout, qui ont quitté notre environnement difficile dans un environnement peut-être pas propice, pour aller dans un environnement nettement plus difficile et réussir. Je pense qu'il faut prendre cela en compte...

R.F.I. : Mais quand ils bravent la mer, se font arrêter comme des animaux en pleine mer ou se font jeter à la mer. Cela démontre quand même qu’il y a une part importante de désespoir ?

A.T.T. : Mais dans tous les cas de figures, à partir du moment où l’Europe fait croire que le paradis c’est de l’autre côté, les gens ont décidé d’y aller. Moi je pense que la solution, c’est sûr que c’est ici qu’on va la trouver. Mais néanmoins, je pense que quelque soit le barbelé, quelque soit le mur, on ne pourra pas empêcher les gens d’aller de l’autre côté. Je pense qu’aujourd’hui, chacun a sa politique. J’essaie de comprendre les préoccupations des uns et des autres (...) Evidemment, si je vois un jeune malien qui devait se jeter dans la Méditerranée et qui est en proie à des passeurs ou qui doit traverser le désert, je lui dirais certainement «il ne faut pas le faire». Et il me répondra «d’accord monsieur le Président, mais qu’est-ce que vous me proposez ?». Nous avons beaucoup discuté avec les Européens à ce sujet. On leur a dit «non, vous ne pourrez jamais fermer les frontières. Vous connaissez le nombre de gens que vous renvoyez, mais vous ne pouvez pas nous dire le nombre que vous recevez». Il aurait été mieux qu’on dégage ensemble une politique de développement élargie et que nous puissions donner des réponses à cette jeunesse afin de lui donner d’autres alternatives. Si les jeunes n’ont aucune alternative, ils partiront.

R.F.I. : Monsieur le Président, vous êtes aux affaires depuis un certain temps déjà. Vous êtes dans un second mandat. Cinquante ans après les indépendances, qu’est-ce qui vous empêche de faire ce que vous avez envie de mettre en œuvre ?

A.T.T. : Les moyens. Je n’ai pas les moyens de faire tout ce que je veux. Et je suis également dans un certain partenariat, notamment  Bretton Woods et les conditionnalités. Nous avons notre ambition mais il y a [le problème des] moyens. Nous dépensons plus que nous produisons. Je n‘ai pas eu les moyens de faire tout ce que je souhaiterais et tout ce que je voudrais faire…

R. F. I. : Mais qui doit vous donner les moyens ?

A.T.T. : Je n’attends pas l’aide au développement parce qu’il y a un proverbe chez nous, ou du moins un adage d’un grand homme, Amadou Hampâté Bâ, qui dit : «La main de celui qui reçoit est toujours en-dessous de celle qui donne». Ce n’est pas ce type de partenariat là que je cherche. Je pense qu’aujourd’hui, il y a un mieux dans tout le pays, nous produisons, pas comme on le souhaite. Nous évoluons. Personne ne pourra me dire que les cinquante ans ont été négatifs parce que je ne serai pas d’accord. Je voudrais préciser que je n’ai pas dit que ces cinquante ans de roses, je n’ai pas dit non plus ces cinquante ans de paradis. Il y a eu des évènements durs qui dépendent de nous et de nos faiblesses. Il y a eu également des évènements qui nous ont été importés ou bien qui nous ont été imposés.

R.F.I. : Est-ce qu’on peut espérer que ça va changer, que vous allez avoir un peu plus de moyens, qu’il y a une vraie vision aujourd’hui avec les cadres qui sortent de partout, qui arrivent très peu au pays malheureusement ?

A.T.T. :  Il faut espérer. Nos pères ont fait l’indépendance. Nos ainés ont fait les vingt-cinq premières années. Nous, nous avons fait le cinquantenaire. Le plus important pour moi, ce n’est pas vraiment de m’attarder dans le bilan de mes pères et de mes ainés, ni dans mon bilan. Le plus important pour moi, c’est de dire que le jeune malien qui a 2 ans cette année, au centenaire,  quel est le Mali que nous allons lui donner ? Et quel est le Mali qu’il va bâtir ?

R.F.I. : Et de quel Mali il va hériter dans cinquante ans ?

A.T.T. : Mais il héritera… Nous, dans tous les cas, à l’indépendance, nous avons hérité de 36 fonctionnaires. Et aujourd’hui, nous sommes à 12 500. Lui qui a hérité de 12 500, certainement il aura nettement plus…

R.F.I. : Oui, mais il sera tellement endetté … ils travaillera pour payer les dettes que vous avez contractées avant ?

A.T.T. : Mais je suis convaincu également que les Maliens seront plus riches. Ensuite, lorsqu’on parle de ces problèmes de dettes... il y a eu beaucoup d’abandons de dettes aussi.  Au plan extérieur, la dette du Mali est relativement faible. On paie aussi nos dettes. Quand on emprunte, on doit rembourser.
 

________

* chronologie des évènements du Mali

** Des troupes africaines ont été invitées par le président Nicolas Sarkozy à défiler le 14 juillet 2010 sur les Champs-Elysées, à Paris, à l'occasion du cinquantenaire des indépendances. (+ commentaires)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.