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France / Politique

Régionales 2010 : les tendances du premier tour

La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry commente les résultats du 1er tour des régionales à son QG de Paris, le 14 mars 2010.
La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry commente les résultats du 1er tour des régionales à son QG de Paris, le 14 mars 2010. Reuters/Thomas Coex
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le premier tour des élections régionales dimanche 14 mars a été caractérisé par une très forte abstention, plus d’un électeur sur deux ayant boudé l’isoloir. Côté résultat, c’est la satisfaction du côté des socialistes qui arrivent en tête avec près de 30 % des voix.  Déception en revanche du côté du parti présidentiel, l’UMP, crédité de 26% des suffrages. Tendances et analyse.

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Grand gagnant, toute catégorie, l'abstention : 53,6%.Plus d'un électeur sur deux n'est pas allé voter : c'est un record pour les régionales, même si aux Européennes, il y a neuf mois, on avait frôlé les 60% d'abstention. Une abstention si forte, a déclaré au soir du 14 mars le Premier ministre François Fillon, qu'il n'est pas possible d'en tirer une lecture nationale.

Le parti socialiste après la grosse frayeur des Européennes, où il avait plafonné à 16 %, retrouve toutes ses couleurs, avec vingt régions socialistes sur 22 en métropole. Il bénéficie de la fameuse « prime au sortant » et ce faisant, le PS creuse l'écart avec Europe Ecologie, qui l'avait sérieusement concurrencé lors des dernières Européennes.

Europe Ecologie, autour de 12,5 %, fait moins bien qu'aux Européennes, mais c'est quand même une très bonne nouvelle pour les écologistes : le scrutin de juin dernier n'était pas qu'une passade ; Europe Ecologie s'installe durablement dans le paysage politique français, comme sa troisième force politique.

Et puis il y a celui qu'on avait un peu oublié et enterré, le Front national. Après la catastrophe de la dernière élection présidentielle, le FN reprend de la vigueur, sans aucun doute grâce au débat sur l'identité nationale, qui a surtout porté sur l’immigration et qui a remis les idées frontistes sur le devant de la scène. Résultat : le Front national est en mesure de se maintenir dans douze régions. Or les triangulaires gauche-droite-FN, profitent en général à la gauche. Ainsi en Alsace, la seule région détenue par la droite, avec la Corse, les chances de victoire de l'UMP sont compromises compte tenu de la présence de l'extrême-droite au second tour.

Le parti présidentiel ne dispose pratiquement d'aucune réserve de voix

Dans les régions où le Front national n'est pas en mesure de se maintenir, il n'est même pas sûr que les voix FN se reportent sur l'UMP car le vote FN est un vote d'opposition. La stratégie de l'UMP de l'union tous azimuts (de Philippe de Villiers au Nouveau Centre), vient de montrer ses limites. Elle ne garantit pas forcément d'être en tête au 1er tour, et les réserves de voix sont quasi inexistantes.

Grand perdant également, François Bayrou, et son parti, le Modem, crédité d’un peu plus de 4% des suffrages. Ce résultat ne signifie pas que François Bayrou est disqualifié pour l’élection présidentielle de 2012 : le scrutin n'a rien à voir, mais il lui promet des jours difficiles, ne serait-ce que parce qu'en dessous de 5%, on n'est pas remboursé de ses frais de campagne.

Un vote sanction

Il s’agit bien d’un vote sanction : l'abstention, on le sait, a surtout touché l'électorat de droite, les déçus du sarkozysme, les déçus de 2007. Et si le score de la gauche est si haut -il dépasse les 50%-, c'est d'abord parce que le rejet de la politique du gouvernement est important. Un socialiste au soir du 14 mars, parlait d'un vote de colère et d'expropriation à l'égard de la politique du gouvernement.

Le gouvernement, comme Nicolas Sarkozy, sort affaibli de ce premier tour. Les ministres d'abord : ils étaient 19 à partir au combat et pas un ne tire son épingle du jeu. En Ile-de-France, Valérie Pécresse sait qu'elle a perdu, même si elle passe en tête le premier tour. Même chose en Franche-Comté et dans la région Centre, deux régions où la droite pensait pouvoir l'emporter. Quant à François Fillon, pourra-t-il rester à son poste en cas de grand chelem à gauche ? Nicolas Sarkozy avait prévenu à la veille du scrutin, dans son interview au Figaro Magazine : pas de grand bouleversement annoncé.

A gauche en revanche, on envisage l'avenir avec davantage d'optimisme

Un optimisme prudent, c'est ce que l'on observait au soir du 14 mars chez les socialistes. Car il faut concrétiser le résultat du premier tour. Martine Aubry, qui revient de loin après le score calamiteux des Européennes, avait la victoire modeste dimanche soir. Les négociations d’entre-deux tours ont commencé entre le PS, les écologistes, le Front de gauche... une nouvelle gauche plurielle qui pourrait se dessiner. Et aujourd'hui, compte tenu du rapport de force qui se dégage du scrutin, la gauche peut envisager avec un prudent optimisme la préparation de la mère de toutes les batailles : l'élection présidentielle.

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