Sri Lanka

Candidat malheureux à la présidentielle, Fonseka jugé en cour martiale

Manifestation silencieuse contre le jugement en cour martiale du général Sarath Fonseka, à Colombo, le 15 mars 2010.
Manifestation silencieuse contre le jugement en cour martiale du général Sarath Fonseka, à Colombo, le 15 mars 2010. REUTERS/Andrew Caballero-Reynolds

Le procès de l'ancien commandant en chef de l'armée s'est ouvert devant une cour martiale, mardi 16 mars 2010, à Colombo. Sarath Fonseka est notamment accusé de malversation et d'avoir entamé une carrière politique alors qu'il était toujours sous l'uniforme. Le général Fonseka a affonté, sans succès, le président sortant lors de l'élection présidentielle anticipée du mois de janvier 2010. Il y a moins d'un an pourtant, Sarath Fonseka était présenté comme un « héros national », pour avoir définitivement écrasé la rébellion tamoule et mis fin à une guerre civile de 37 ans.

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Indépendamment des charges qui pèsent contre lui, l'agenda évoque l'organisation d'un procès politique contre un adversaire qu'il faut absolument neutraliser. La question n'est pas tant de savoir si « le général 4 étoiles », héros incontesté de la guerre civile, est politiquement dangereux pour le pouvoir des frères Rajapakse.  Solidement cramponnés aux commandes de l'Etat, les Rajapakse ne veulent certainement courir aucun risque. Leur objectif est d'obtenir une majorité des deux-tiers de députés favorables lors des élections législatives du 8 avril 2010 afin d'avoir les mains libres pour modifier la Constitution.

Mais le vrai danger que présente Sarath Fonseka pour l'establishment sri-lankais, c'est qu'il parle, c'est un militaire bavard et il a beaucoup de choses à dire sur la répression à l'égard des opposants, des militants, des journalistes... Il sait dans quelles circonstances ont été liquidés les dirigeants de la rébellion, aux dernières heures de la guerre civile, alors que leur reddition avait été négociée et qu'ils brandissaient le drapeau blanc en marchant vers les lignes de l'armée sri-lankaises. Il met directement en cause le ministre de la Défense de l'époque, Gotabaya Rajapakse, l'un des frères du président.

Il menace la réputation du pays et de ses dirigeants. Sarath Fonseka est le premier militaire srilankais à rompre l'union sacrée cinghalaise construite sur les ruines de la guerre civile et c'est ce qu'il paye.

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