Côte d'Ivoire

L'opposition refuse le préalable imposé par le pouvoir pour organiser la présidentielle

Maître Affoussy Bamba, porte-parole des Forces Nouvelles, le 21 mars 2010 à Abidjan.
Maître Affoussy Bamba, porte-parole des Forces Nouvelles, le 21 mars 2010 à Abidjan. www.abidjan.net

En Côte d’Ivoire, les Forces nouvelles persistent et signent : pas question de faire du désarmement un préalable à l’organisation de l’élection présidentielle comme le réclame « La majorité présidentielle » réunie autour du président-candidat Laurent Gbagbo. L'ex-rébellion s’engage à se conformer strictement aux dispositions de l’Accord politique de Ouagadougou.

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Fréquemment, les partisans de Laurent Gbagbo exigent le désarmement de l’ex-rébellion des Forces nouvelles, dirigée par le Premier ministre Guillaume Soro. Mais la semaine dernière aux Nations unies, c’est le conseiller diplomatique du chef de l’Etat Alcide Djédjé qui l’a, à son tour, exigé. Piquées au vif, les Forces nouvelles ont donc répliqué dimanche 21 mars 2010 à Abidjan par la voix de leur porte-parole Maître Bamba Affoussy  :

« Nous, Forces nouvelles, nous estimons que…, puisque la guerre est finie et que le pays est réunifié, qu’on ne nous ramène pas en arrière en nous disant qu’il faut un désarmement comme préalable à l’élection présidentielle pour avancer. Nous constatons… que les propos qui sont tenus ne sont pas faits pour ramener la paix et la sérénité qui doivent habiter chacun de nous, pour aller ensuite aux différentes étapes qui restent pour aboutir à l’organisation de l’élection présidentielle ».

L’enjeu de ce dialogue de sourds est rien moins que le démantèlement d’un système mis en place depuis sept ans par les ex-rebelles. Avec, à leur tête des seigneurs de guerre, appelés « comzones », qui continuent de régner économiquement sur 60 % du territoire ivoirien, en dépit du redéploiement de l’administration et le l’unicité des caisses de l’Etat , prônés par l’Accord politique de Ouagadougou.

Pour l’heure, ce n’est qu’une bataille de communication que se livrent, par lieutenants interposés, les deux têtes de l’exécutif ivoirien, le président de la République et le Premier ministre. Pour combien de temps encore ?

Un liste électorale-clé

Le Conseil constitutionnel ivoirien plaide pour une implication du médiateur Blaise Compaoré, pour régler au plus vite l’épineuse question de la liste électorale afin qu’elle soit fiable et consensuelle. Son président, Paul Yao N’dré : « Il faut que l’on ait une liste électorale crédible et consensuelle. C’est elle qui va permette de rassurer les uns et les autres pour aller résolument aux élections. Et puis ensuite, une fois que cela est acquis, les autres obstacles vont être levés. Notamment la réunification du pays et le désarmement qui doit s’effectuer un mois avant les élections », explique le président du Conseil constitutionnel« Donc, sur la liste électorale fiable consensuelle, acceptée de tous, cela permettra de projeter la fixation d’une date », conclut-il.

Le consensus souhaité est possible, selon le président Paul Yao N’dré : « Je vous ai parlé de l’exemple du président de la commission électorale indépendante de Côte d’Ivoire, mais monsieur Bakayoko qui était ministre des affaires étrangère, a été élu avec un consensus. Sur vingt voix il a obtenu dix-neuf. Il y a eu un accord de tout le monde et je pense que la liste doit faire l’objet d’un tel accord pour que la Côte d’Ivoire retrouve définitivement la paix ».

A ce jour, le Conseil constitutionnel dit n’avoir pas encore été saisi pour des contestations sur les listes électorales.

RFI

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