Thaïlande

Les chemises rouges menacent de forcer les barrages

Des « chemises rouges » se dirigent vers le centre de Bangkok, le 6 avril 2010.
Des « chemises rouges » se dirigent vers le centre de Bangkok, le 6 avril 2010. Chaiwat Subprasom/Reuters
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La tension est montée d'un cran en Thaïlande, où des policiers anti-émeute faisaient face mardi 6 avril aux chemises rouges qui bloquent depuis quatre jours un quartier stratégique de Bangkok et affirment qu'ils n'en partiront qu'après avoir obtenu la chute du gouvernement. Les opposants annoncent qu’ils forceront les barrages des forces de l'ordre.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Le face à face est tendu. 200 policiers armés de boucliers et de matraques sont encerclés sur l'avenue Rajdamri par des dizaines de milliers de chemises rouges. La foule grossit, sans cesse alimentée par des manifestants, arrivant de tous côtés. Après trente minutes, les policiers renoncent. Dans la clameur des cris, ils se retirent penauds, ils retournent, tête baissée, dans l'école où ils sont stationnés. Et le chef de l'unité remercie les leaders des chemises rouges de les laisser partir à si bon compte.

C'est une victoire savoureuse pour les manifestants anti-gouvernementaux. Depuis samedi, ils ont pris le contrôle d'un des plus importants carrefours commerciaux d'Asie du Sud-Est. Et le Premier ministre Abhisit Vejjajiva s'avère incapable de les déloger. Les pertes financières quotidiennes s'élèvent en centaines de millions d'euros. Surtout, l'image de la Thaïlande est durablement affectée.

Un basculement s'est produit aujourd'hui. Les chemises rouges sont dopées par leur succès. La seule issue pour le Premier ministre est de recourir aux forces armées comme l'autorise la loi sur la sécurité intérieure. Mais cette option comporte un haut risque de dérapage violent.

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