France/Justice

Villiers-le-Bel: enquête relancée sur la responsabilité de la police

Les familles des deux victimes de Villiers-le-Bel ont été reçues à l'Elysée, le 28 novembre 2009, par Nicolas Sarkozy.
Les familles des deux victimes de Villiers-le-Bel ont été reçues à l'Elysée, le 28 novembre 2009, par Nicolas Sarkozy. (Photo : AFP)
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La justice a ordonné mercredi 7 avril un supplément d'information dans l'affaire de Villiers-le-Bel, ville du Val-d'Oise, où deux jeunes circulant à mini-moto avaient été tués en novembre 2007 dans une collision avec un véhicule de police. Ce drame avait provoqué une vive émotion et deux jours d'émeutes avaient ensuite secoué cette ville de la banlieue parisienne. Jusqu'à présent, les policiers avaient été mis hors de cause, mais en relançant l'enquête, la Cour d'appel de Versailles infirme l'ordonnance de non-lieu en faveur des policiers.  

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La défense aura dû batailler pour avoir gain de cause car, à l'automne dernier, un juge d'instruction de Pontoise rendait une ordonnance de non-lieu en faveur des policiers. Aux yeux du magistrat, les deux jeunes victimes étaient les seules responsables du tragique accident.

Mais ce matin, la cour d'appel de Versailles a balayé cette vérité judiciaire. Et le président de la chambre de l'instruction en personne exécutera le complément d'information. Il va notamment convoquer le policier qui conduisait, le confronter aux autres gardiens de la paix et procéder à de nouvelles expertises.

Pour Emmanuel Tordjman, avocat des victimes, la responsabilité partielle des forces de l'ordre ne peut plus être niée :

« Vous savez la vérité est un chemin qui est long, sinueux mais les familles s’en félicitent. Elle emprunte le chemin qui est toujours celui qu’elles ont demandé à savoir qu’il n’y avait pas de tort exclusif mais bien des fautes qui avaient été reconnues et admises par les familles elles-mêmes concernant leurs enfants. C’est vrai qu’ils roulaient sur une moto qui n’était pas homologuée, sans casque, mais en même temps, il y avait à côté un véhicule de police qui roulait à 64 km/heure, sans gyrophare et sans signal lumineux. La cour d’appel de Versailles a estimé que l’un de ces éléments constituait une cause essentielle et déterminante du décès de Moshin Cehhouli et Lakami Samoura ».

Dans les prochains jours, le conducteur du véhicule de police devrait être mis en examen pour homicide involontaire.
 

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