Espace

CryoSat 2, un satellite chargé d’observer la banquise

CryoSat 2, recouvert de panneaux solaires, est conçu pour s'accomoder à toutes zones d'influence.
CryoSat 2, recouvert de panneaux solaires, est conçu pour s'accomoder à toutes zones d'influence. ESA/Aoes Medialab
Texte par : David Baché
4 mn

L'agence spatiale européenne va pour la troisième fois, ce 8 avril 2010, tenter de lancer un satellite, CryoSat 2, qui a pour mission de collecter des données sur la fonte de la glace polaire, et donc de mesurer les effets du réchauffement climatique sur la banquise.

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L'étude de la fonte des glaces polaires -qui est avérée dans l'hémisphère nord- représente un enjeu majeur pour comprendre le réchauffement climatique. Destiné à mesurer précisément l'altitude des glaces continentales et l'épaisseur de la banquise, CryoSat 2 devait être placé en orbite ce jour par un lanceur russe depuis Baïkonour, au Kazakhstan. 

En réfléchissant la lumière du Soleil, la masse blanche des glaces limite la quantité de chaleur absorbée par la Terre. La banquise agit également comme un isolant en réduisant très fortement les échanges thermiques entre l'océan gelé et l'atmosphère.

Enfin, la fonte des calottes polaires fait monter le niveau des mers à un rythme qui est passé de 1,8 mm/an à 3 mm/an au cours du demi-siècle passé. Les scientifiques disposent déjà de relevés ponctuels et de certaines mesures d'autres satellites comme Envisat, mais aucun n'est spécifiquement dédié à l'observation des glaces. « La hauteur très précise des glaces continentales et l'épaisseur des glaces de mer est une dimension qui manque aux géophysiciens », souligne Eric Perez, directeur des programmes d'observation de la Terre chez Astrium, le maître d'oeuvre industriel qui a réalisé le satellite pour l'ESA. Cette épaisseur sera mesurée avec une précision de 2 à 5 centimètres.

La révolution de ce satellite est d'apporter la 3è dimension.

Eric Perez

Ce lancement a lieu plus de quatre ans après le lancement raté de CryoSat 1: en 2005, une première tentative avait échoué et le satellite avait fini au fond de l'océan et, en février dernier, une deuxième tentative avait été reportée en raison d'un problème technique.

Si tout va bien, CryoSat devrait commencer à livrer des données à la communauté scientifique dès cet été. Quelque 60 équipes de spécialistes représentant de 200 à 300 chercheurs se sont déclarées intéressées. « Au bout de trois ans, on verra dans quels endroits il y a eu une accumulation de glace et là où il y a eu une fonte », assure le responsable de l'ESA.
 

Pour en savoir plus :

Visiter le site de l'ESA

« Les glaces sont considérées comme d'excellents marqueurs des changements climatiques. »

Les glaces, mémoire de l'histoire de la Terre

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