Biodiversité

Les Albatros sont en escale à l’Aquarium de la Porte Dorée

Albatros d'Amsterdam
Albatros d'Amsterdam Taaf/Cédric Marteau
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les albatros, oiseaux de légende qui, de tous temps ont fasciné les navigateurs, les poètes et les amoureux de la nature, sont en visite du 1er avril au 16 mai 2010 à l’Aquarium de la Porte Dorée, à Paris, dans le cadre d’une exposition photographique Albatros, oiseaux de légende des terres australes. Bien que parfaitement adaptés à l’une des zones les plus hostiles du globe-, ces oiseaux sont démunis face aux techniques de pêche modernes et sont menacés, dans les îles australes, par des mammifères introduits par l’homme.

Publicité

Quelque 17 panneaux photographiques grand format légendés, de totems, de diaporamas et de vidéos retracent le mode de vie de ces fabuleux oiseaux et alertent les visiteurs sur les dangers qui pèsent sur ces espèces ainsi que les moyens d’enrayer les menaces. La planète compte quelque 22 espèces différentes de ces oiseaux marins de tous les records. Dix-huit d’entre elles sont en danger et deux, l’albatros de Tristan et l’albatros d’Amsterdam, sont en « danger critique d'extinction ».

Considérés comme étant les oiseaux marins les plus grands du monde, les albatros -tel l’albatros hurleur par exemple- peuvent atteindre 3,50 mètres d’envergure. Leur longévité est également remarquable, puisqu’ils peuvent vivre jusqu’à 80 ans. Ce sont aussi des navigateurs ailés hors pair : ils passent 90 % de leur vie en mer où ils peuvent atteindre des vitesses de pointe de 130 km/h et couvrir plus de 1 000 kilomètres en une journée. Et, depuis des millions d’années qu’ils occupent les Terres australes, les albatros ont su s’adapter aux conditions environnementales changeantes de notre planète.

Maturité sexuelle tardive et un oeuf tous les 5 ans

Mais aujourd’hui, les albatros sont fortement menacés. Leur statut de conservation se dégrade d’année en année : 2 espèces étaient considérées comme mondialement menacées en 1992, 16 en 2000 et 18 en 2009 (sur 22 espèces dans le monde). La reproduction des albatros est trop lente pour leur permettre de compenser une surmortalité accidentelle. Leur maturité sexuelle tardive (5 ans, voire 10 à 12 ans) et leur fécondité très faible (un seul oeuf, et parfois seulement tous les cinq ans) expliquent que toute mortalité adulte impacte fortement la dynamique des populations.

Si les albatros réalisent des dizaines de tours du monde au cours de leur vie, ils sont, dans une certaine mesure, casaniers. Les couples, formés pour la vie, reviennent se reproduire sur leur lieu de naissance, situé sur des îles isolées, à l’origine exemptes de prédateurs terrestres. Aujourd’hui, des espèces, introduites par l’homme (volontairement ou non), les menacent. Ainsi, les chats harets de l’archipel des Kerguelen consommeraient environ un million d’oiseaux marins par an !

L'albatros s’envole vers la mer pour 5 à 10 ans sans toucher terre

Les poussins et les adultes de grandes espèces d’albatros peuvent également être attaqués et dévorés vivants par des souris qui menacent d’extinction la population d’albatros de l’île de Tristan.

La France a une responsabilité de premier ordre et un rôle majeur à jouer. Créée en 2006, la Réserve naturelle des terres australes françaises est un site de reproduction majeur pour de nombreuses espèces d’albatros. Si cet espace permet d’assurer une protection des albatros à terre, des mesures conservatoires se devaient d’être mises en place en haute mer. En effet, quand le poussin a terminé sa mue, il s’envole vers la mer pour 5 à 10 ans sans toucher terre. C’est pendant cette période d’apprentissage, unique chez les oiseaux par sa durée, que la mortalité est la plus forte, causée
notamment par la pêche à la palangre.

BirdLife International, à l’origine des premières actions d’envergure

Grâce à la collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Chizé, les Taaf ont mis en place des mesures de protection : les albatros se nourrissant en journée, la pratique de la pêche est prévue exclusivement de nuit. Une réglementation stricte et un lien permanent avec les armateurs exploitant les zones concernées.

Ces efforts ont permis de mettre fin à la mortalité des albatros causée par la pêche légale dans les eaux françaises, mais, au delà, la menace reste entière. BirdLife International, à l’origine des premières actions d’envergure sur cette problématique, développe cette approche auprès de tous les pays et organisations régionales concernés.

Cette exposition a été organisée par la Ligue protectrice des oiseaux (LPO) présidée par Allain Bougrain Dubourg,en collaboration avec la Réserve naturelle des Taaf et le CNRS de Chizé.

La réserve naturelle des terres australes françaises (TAAF) est de loin la plus grande réserve naturelle nationale de France. C’est également le plus grand site d’Europe classé au titre de la convention internationale de protection des zones humides (RAMSAR).

Elle est composée des archipels Kerguelen et Crozet, et des îles Saint-Paul
et Amsterdam
.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail