A deux mois du Mondial 2010, la fièvre monte en Afrique du Sud

3 mn
Publicité

A deux mois du coup d'envoi du Mondial 2010, la fièvre monte en Afrique du Sud, premier pays du continent noir à organiser l'événement: drapeaux aux couleurs de la Nation arc-en-ciel et maillots de foot font fureur et les vendeurs de rues ont agrémenté leurs stocks d'accessoires pour supporters.

La Fédération internationale de football (Fifa) a entamé à la mi-mars la formation des 18.000 volontaires qui accueilleront les visiteurs étrangers pendant la compétition. Dans quelques jours, le 15 avril, les tickets pourront être retirés dans des guichets.

Pour ajouter à la fête, la Fifa vient d'annoncer qu'un concert réunira Amadou et Mariam, Angélique Kidjo ou encore Shakira la veille du match d'ouverture, Afrique du Sud-Mexique, le 11 juin au tout nouveau stade Soccer City de Johannesburg.

Le gouvernement sud-africain, qui a dépensé 33 milliards de rands (3 milliards d'euros) pour les infrastructures liées au Mondial, espère qu'il servira à donner une meilleure image du pays et attirer davantage de touristes et d'investisseurs.

En interne, il compte profiter de cette grand-messe sportive pour renforcer l'unité entre Noirs et Blancs dans un pays qui porte encore les séquelles de l'apartheid, seize ans après l'abolition du régime ségrégationniste.

Et la sauce semble prendre. Depuis quelques semaines, les drapeaux fleurissent même aux portières des 4X4 dans les quartiers blancs où le football local n'est pas très populaire. Un énorme ballon rond a pris position en plein coeur de Sandton, le très chic quartier des affaires de Johannesburg.

Un fait divers sanglant jette toutefois une ombre sur ces efforts: samedi, le leader d'un groupuscule d'extrême droite a été battu à mort par deux de ses ouvriers noirs, ravivant les craintes de violences raciales.

Ses supporters, membres du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), ont menacé de le venger, certains évoquant des représailles pendant le Mondial.

Le ministre de la Police, Nathi Mthethwa, a assuré que la sécurité des supporteurs serait assurée, tout en reconnaissant être "inquiet de la nature violente de la criminalité en Afrique du Sud", où 50 homicides ont lieu chaque jour.

Les autorités ont également reconnu que la Coupe du monde risquait d'être accompagnée de manifestations. "Cela fait partie de la nature humaine: les gens saisiront l'opportunité", a déclaré Nomvula Mokonyane, chef du gouvernement de la province du Gauteng où se trouvent Johannesburg et Pretoria.

Or, en Afrique du Sud, les manifestations dégénèrent souvent en violences. En mars, des chauffeurs de taxi collectifs ont ainsi protesté contre la mise en place d'un nouveau système de transport en commun à Johannesburg, Port-Elisabeth (sud) et au Cap (sud-ouest) en vue du Mondial, en tirant sur des bus.

Malgré ces risques, l'organisation policière internationale Interpol s'est dite satisfaite des préparatifs en matière de sécurité, qui prévoient le déploiement de 41.000 policiers supplémentaires et le maintien de l'armée en "état d'alerte" pendant la compétition.

Les inquiétudes des Sud-Africains se reportent donc sur la sphère sportive et les performances plus que médiocres de leur équipe nationale, les Bafana Bafana. Jeudi, leur entraîneur, le Brésilien Carlos Parreira, a reconnu qu'il leur restait d'importants progrès à faire en terme de... contrôle du ballon.