Madagascar

Le Premier ministre Camille Vital sur RFI: «On a un objectif: aboutir à la IVe République»

Le Premier ministre malgache Camille Vital (à gauche) et le président de la Haute autorité de  transition Andy Rajoelina (à droite).
Le Premier ministre malgache Camille Vital (à gauche) et le président de la Haute autorité de transition Andy Rajoelina (à droite). AFP / Grégoire Pourtier
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le général Noël Rakotonandrasana, ministre des Forces armées de Madagascar, a été démis de ses fonctions mercredi 7 avril mais il n'est pas prêt à se retirer en silence. Il a même mis au défi le Premier ministre, le colonel Camille Vital, qui assure désormais l'intérim de ce ministère, de venir faire la passation de pouvoirs. Pour répondre à ce défi, le Conseil des ministres à promu jeudi soir le colonel Camille Vital... général. Le tout nouveau général Camille Vital était vendredi soir 9 avril, l’invité de RFI.

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RFI : Mon général, Premier ministre, que répondez-vous au général Noël qui ne veut pas quitter ses fonctions ?

Camille Vital : Je ne sais pas s’il l’a confirmé, mais il ne m’a jamais dit qu’il ne veut pas quitter. Vous savez, ce n’est pas une punition du tout, c’est une décision de la Haute autorité de la transition, par rapport à la situation. Je ne vais pas vous détailler ce qui se passe au niveau de l’armée. Vous le savez, il y a eu ce problème des gendarmes de la FIGN, des Forces d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, qui n’a pas été réglé et qui date de longtemps. Je crois qu’en tant que ministre des Forces armées il doit être un peu responsable. Il y a eu aussi des réunions qui ont été faites ces derniers temps, projetant une déclaration. Malheureusement, comme les gens qu’il aurait appelés ne cautionnaient pas trop cette proposition de déclaration, je crois qu’il a changé de langage.

Et par rapport à tout ça, suivant les informations et les renseignements, qu’on a eu par des cellules de renseignements, - parce qu'on a des cellules de renseignements au niveau de la présidence comme au niveau de la primature -, une décision a été prise par le président de la Haute autorité de la transition.

RFI : Le soupçonniez-vous de préparation d’un coup d’Etat ?

C.V. : Vous savez, on en parle. Tentative ou pas tentative ? Si je vous dis que je suis le Premier ministre, chargé de la sécurité intérieure et de la Défense et que mon ministre des Forces armées invite des responsables en périphérie et qu’on ne m’avise pas et je ne suis pas au courant, je crois que c’est peut-être une faute assez grave au niveau de l’armée, et au niveau militaire, lui comme moi, et d’autant plus que c’est «mon jeune» en promotion. Alors, il y a quand même des petits doutes. En plus, les journaux en parlaient et en parlaient. Bref, on veut la paix. On a un objectif, c’est de gérer la transition, atteindre les élections, passer par les élections pour aboutir à la IVe République.

RFI : Mais, Monsieur le Premier ministre aujourd’hui, comment allez-vous faire cette passation, puisque le général Noël vous attend pour qu’il y ait cette passation ?

C.V. : Je vais vous dire une chose : je suis quand même le Premier ministre. Moi je n’ai pas à descendre le voir. Si vraiment il sait le règlement qui régit, en principe il y en a un document. On discute et puis je signe. Bon, on verra. On trouvera une solution.

Le ministre des Forces armées le général Noël Rakotonandrasana, c’est un officier général. Donc il y a une éthique qui couvre l’armée, et surtout un officier général ne devrait pas agir comme ça. Je crois qu’il se trompe, cela arrive de temps en temps de se tromper. Il y a des réactions à chaud. Moi, je ne lui en veux pas. C’est pour ça que je ne riposte pas, je ne réagis pas, j’attends.

De toute façon on n’est pas là pour faire la guerre. On est là pour faire marcher la transition. Moi, je ne suis pas là pour polémiquer, pour créer des problèmes. Je suis là pour éviter tout trouble, pour trouver une issue, pour terminer la transition et arriver à la IVe République. Soyez-en sûr qu’il n’y aura rien. On ne va pas se rentrer dedans. Ce n’est pas le moment. On a assez souffert comme ça. On vit une année de crise et on a un objectif. De toute façon, se foutre dedans ce n’est pas une très bonne solution. Voilà ce que je peux vous dire.

RFI : Monsieur le Premier ministre, merci.

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