Paris-Roubaix: la fête est moins folle, mais les passionnés sont toujours là

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"C'est moins festif que d'habitude, mais l'esprit du Paris-Roubaix est toujours là". Au Carrefour de l'arbre, où les mesures de sécurité ont été renforcées cette année, l'ambiance festive et alcoolisée de 2009 a laissé la place à un rassemblement familial de passionnés.

"Je viens là depuis que je suis petit, et c'est vrai que l'an dernier c'était n'importe quoi. Beaucoup de gens étaient complètement saouls et ça en devenait dangereux pour les coureurs", raconte Alexandre Lonke, arborant fièrement son maillot de la Française des Jeux.

"Aujourd'hui, c'est moins la fête, mais je retrouve l'esprit du Paris-Roubaix de mon enfance avec les familles et les passionnées de vélo", explique-t-il. Il vient chaque année assister à la course au Carrefour de l'Arbre, l'un des derniers secteurs pavés de l'épreuve avant l'arrivée.

Situé à une quinzaine de kilomètres du Velodrome, ce secteur avait été le théâtre de plusieurs débordements en 2009, avec des spectateurs fortement alcoolisés, qui se livraient à des jets d'objets ou à des comportements dangereux au passage des coureurs.

Mais pour l'édition 2010, les autorités ont mis le hola avec des mesures de sécurité renforcées pour dissuader les fauteurs de troubles. Près de 500 policiers ont été déployés, et la vente d'alcool dans des débits temporaires installés à travers champs, totalement interdite.

De fait, à quelques minutes du passage du peloton, le calme et l'esprit bon enfant régnaient au Carrefour de l'arbre. Les bruits tonitruants des sonos de l'an passé étaient remplacés par le son des trompettes d'un orchestre jouant des airs populaires.

Parmi les spectateurs, disséminés sagement derrière les barrières de sécurité, les maillots de cyclistes et les drapeaux jaunes des Flandres cotôyaient les uniformes des gendarmes. Et les cannettes de bière avaient cédé le pas aux sodas et bouteilles d'eau.

"On vient sur le Paris-Roubaix pour chercher une ambiance conviviale et suivre la course tranquillement. On l'a trouvée", explique, réjoui, Belkacem Bouaffia, venu en famille.

Une ambiance qui, pourtant, ne semble pas satisfaire tout le monde. "Paris-Roubaix, c'est mort cette année!" s'exclame Johny Vanderberghe, venu de Belgique, et déplorant l'absence de "chapiteaux, de barbecues et des campings-cars", relégués loin du passage des coureurs.

"Je suis déçu, les autres années, il y avait des écrans géants pour suivre la course, les gens chantaient et dansaient, et cette année plus rien", renchérit Yves Tancrez, qui a amené sa radio pour suivre la course.

"Il y a nettement moins de monde cette année. Ceux qui sont venus en masse, c'est les gendarmes. Avant ici, c'était la fête, aujourd'hui, c'est un peu pépère et même triste", déplore Gwenaelle Marin, installée dans une chaise pliante. "Si c'est comme ça, l'année prochaine, on change de secteur !", ajoute celle qui se poste à la même place depuis neuf ans.