Canada / Afghanistan

Prisonniers afghans torturés : le diplomate canadien témoigne de nouveau

Le diplomate canadien Richard Colvin témoigne devant la commission spéciale de la Chambre des Communes, à Ottawa, le 18 novembre  2009.
Le diplomate canadien Richard Colvin témoigne devant la commission spéciale de la Chambre des Communes, à Ottawa, le 18 novembre 2009. REUTERS/Chris Wattie
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Canada, le diplomate Richard Colvin, dont le témoignage sur le sort réservé aux prisonniers afghans avait enflammé l'opposition, fournit des détails sur cette affaire, documents à l’appui. Le quadragénaire en poste désormais à l’ambassade canadienne à Washington s’exprimait devant une commission qui doit déterminer la responsabilité des enquêteurs militaires dans ce dossier. Selon Richard Colvin, le gouvernement canadien n’a pas aidé la Croix-Rouge à assurer le suivi des prisonniers remis aux autorités afghanes.

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Avec notre correspondante à Québec, Pascale Guéricolas

Sur le papier, il était prévu que le gouvernement canadien apporte son aide à la Croix-Rouge pour s’assurer que les prisonniers afghans capturés par les soldats canadiens soient bien traités à leur arrivée dans les prisons afghanes.

Dans les faits, le témoignage de Richard Colvin qui a séjourné en Afghanistan en 2006 et 2007 révèle une toute autre réalité. La plupart du temps, les représentants de la Croix-Rouge mettaient plusieurs mois à retrouver la trace des captifs, si finalement ils parvenaient à les localiser.

Rapports à l’appui, le diplomate montre que les représentants du gouvernement canadien en Afghanistan se déchargeaient de leurs responsabilités dans ce dossier. Malgré des demandes répétées, la Croix-Rouge se heurtait au silence canadien dès qu’il s’agissait de savoir où et quand un prisonnier avait été transféré.

Richard Colvin a tenté en vain il y a quatre ans d’alerter les responsables au ministère des Affaires étrangères. L’ambassadeur canadien à Kaboul a même restreint le nombre de destinataires des rapports envoyés par le diplomate, en censurant un passage où il mentionnait les critiques de la Croix-Rouge.
 

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