KIRGHIZISTAN

Lutte d'influence entre Moscou et Washington au Kirghizistan

L'émissaire américain Robert Blake et la chef du gouvernement kirghize par intérim Roza Otunbayeva lors de leur conférence de presse commune à Bichkek le 14 avril 2010.
L'émissaire américain Robert Blake et la chef du gouvernement kirghize par intérim Roza Otunbayeva lors de leur conférence de presse commune à Bichkek le 14 avril 2010. REUTERS/Vladimir Pirogov
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Une semaine après le renversement du président kirghize Kourmanbek Bakiev, de nombreuses questions se posent sur l'avenir du Kirghizistan, seul pays au monde à héberger à la fois une base américaine et une base militaire russe. Le pays est donc le théâtre d'importants enjeux, notamment de lutte d'influence entre la Russie et les Etats-Unis.

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Accusée de soutenir les manifestants par l'ancienne équipe au pouvoir, la Russie s'est empressée d'apporter son soutien aux nouveaux dirigeants kirghizes. Le coup de téléphone de Vladimir Poutine à Rosa Otounbayeva, le jour même où le président Bakiev a fui la capitale, a été suivi par l'envoi de 150 parachutistes russes dans le pays puis, quelques jours plus tard, par un chèque de 50 millions de dollars. Une aide militaire et financière qui contraste avec la prudence américaine. Il a fallu attendre mercredi 14 avril pour voir arriver Robert Blake à Bichkek. Le secrétaire d'Etat américain adjoint pour l'Asie centrale et méridionale, qui, à son tour, a promis son aide au gouvernement d'intérim.

« La situation au Kirghizistan préoccupe forcément les Russes qui ont une très forte influence dans le pays. Les Américains, de leur côté, sont surtout préoccupés par la base aérienne de Manas qui joue un rôle central dans le ravitaillement des troupes américaines en Afghanistan. Et les Américains comptent aussi sur le pays pour élargir leur influence en Asie centrale », explique Faz Lur Rahman, spécialiste de l'Asie centrale à l'Institut des études stratégiques à Islamabad.

Face à ces intérêts croisés, le gouvernement intérimaire entend ménager les deux grandes puissances tout en préservant la susceptibilité de l'allié russe. Les Américains ont reçu la promesse qu'ils pourraient conserver leur base. Mais le droit de bail pourrait bien augmenter.

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